Le monde de Marie. L'Arabie saoudite, "bourreau" du Yémen en guerre, annonce un plan d'aide humanitaire pour les civils

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Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Vendredi, le plan d'aide humanitaire annoncé par l'Arabie saoudite à destination du Yémen, en guerre depuis cinq ans. Et ce alors que Riyad mène des frappes aériennes dans le pays et impose des blocus sur les zones rebelles.

Le plan annoncé par l'Arabie saoudite semble conséquent, puisqu’il s’élève à près de 2 milliards d’euros en aide alimentaire et médicale. Cette aide est destinée à la population civile yéménite coincée dans les zones tenues par les rebelles, en guerre contre le gouvernement. L’une des plus importantes de ces zones se situe autour du port de Hodeïda, le plus gros du pays. C’est là, dans cette enclave où vivent encore 400 000 personnes, que la situation est la plus catastrophique avec des enfants qui meurent de faim tous les jours.

Des Saoudiens en partie responsables de la crise

Un bon geste de la part des Saoudiens ? Certainement, mais il n’efface pas le fait que ce sont les Saoudiens qui ont volé au secours du président yéménite et qui lui prêtent toute leur force de frappe pour réprimer la rébellion. Ces frappes sont donc aussi responsables de la crise humanitaire.

Un autre facteur entre en effet dans cette équation. Le port de Hodeïda se devait naturellement d’accueillir les bateaux de cette aide humanitaire. Or, depuis le début de la guerre, l’Arabie saoudite a décrété un embargo sur ce port qui, aujourd’hui, ne reçoit plus aucune marchandise. Le plan d’aide humanitaire ne les a pas fait dévier d’un pouce. Les denrées alimentaires et médicales seront livrées par camion, au sud du pays, à environ 500 kilomètres.

Des appels à lever l'embargo sur le port de Hodeida

L'acheminement par camion va prendre des jours, voire des mois avant qu'elle ne parvienne aux populations concernées, si elle arrive un jour. Les humanitaires qui s’occupent de cette zone et de la crise au Yémen parlent d’une formidable opération de relations publiques pour le gouvernement saoudien, qui propose des solutions pour régler une crise qu’il a partiellement contribué à créer. Pour l’International Rescue Committee qui suit de près la situation au Yémen, la première condition d’une fin de crise, serait la levée immédiate de l’embargo sur les ports. On laissera le mot de la fin à un député britannique : "La proposition saoudienne ressemble à celle d’un bourreau qui, entre deux séances de torture, servirait un café à sa victime". Pas mieux.   

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