Le monde de Marie. En Allemagne, nouvelle polémique du cofondateur de l'AfD Alexander Gauland

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Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Aujourd'hui, le cofondateur de l'AfD Alexander Gauland crée une nouvelle polémique en minimisant la dictature nazie sous Hitler. 

Alexander Gauland, voix de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) et cofondateur de ce nouveau parti d’extrême droite allemand, est revenu sur le passé du pays le week-end dernier, lors d'un meeting de son parti, en Thuringe, une région du centre-est de l'Allemagne. Il s'agit d'un sujet cher à l'homme politique : "Oui, bien sûr, a-t-il réaffirmé devant les jeunes activistes du parti, nous devons assumer les responsabilités des douze années de la dictature nazie. Mais l’Allemagne a une histoire glorieuse, et celle-ci a duré bien plus longtemps que ces douze fichues années. Hitler et les nationaux-socialistes ne sont qu'une fiente d'oiseau en 1 000 ans d'histoire allemande."

Des provocations à répétition

Il ne s'agit pas d'un discours étonnant de la part d’un homme qui a fait campagne pour les législatives de septembre dernier en déclarant notamment : "Nous avons le droit d’être fiers des performances des soldats allemands durant la Seconde Guerre mondiale." Alexander Gauland n’est pas n’importe qui. Il est, à 77 ans, l’âme de l’AfD, celui qui donne le ton, et qui s'exprime au nom de ce parti qu'il a créé en 2013. Celui-ci est aujourd’hui le troisième parti du pays et a vu entrer au Bundestag, le Parlement allemand, lors des dernières législatives, 92 députés d’extrême droite, une première depuis 1945.

Le cofondateur de l'AfD n’en est pas à son premier dérapage. Ainsi, en 2016, il moquait un footballeur de l’équipe d’Allemagne, né de père ghanéen et de mère allemande, sur l’air de "Certes, il est très bon comme footballeur, mais personne n’a envie de l’avoir pour voisin." Il a dû, cette fois, présenter ses excuses. Mais il n’a pas perdu une seule voix après cette sortie de route, ni après aucune autre, sa cible préférée restant les migrants qu’il voudrait déporter en masse.

Pourtant, Alexander Gauland n’est pas issu des nébuleuses neo-nazies mais plutôt de la droite conservatrice, celle du CDU, le parti de la Chancelière, où il y est resté pendant 40 ans. Mieux encore, en 1978, au sein de la mairie de Francfort, il fut chargé de l’installation des réfugiés vietnamiens. 15 ans plus tard, au début de la guerre en Bosnie, il plaidait pour que l’Allemagne accueille les réfugiés de l’ex-Yougoslavie, de manière digne et humaine.

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