Le monde de Marie. Au Zimbabwe, les habitants sous haute surveillance de l'armée, un mois après la chute de Mugabe

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Un mois après la chute de Robert Mugabe, resté au pouvoir pendant 37 ans au Zimbabwe, le pays en quête de réformes se prépare à une nouvelle élection présidentielle, à l'issue incertaine.

Dans quel état est le Zimbabwe, un mois après la chute de son dictateur, Robert Mugabe ? D’abord le pays se prépare à une nouvelle élection présidentielle en août 2018. Un scrutin qui devrait être libre et juste. C’est en ces termes que le successeur de Robert Mugabe, le nouveau président Emmerson Mnangagwa, 75 ans, en poste pendant l’intérim, s’est exprimé.

Mettre fin aux sanctions internationales

En attendant cette échéance électorale, le nouveau président du Zimbabwe se démène comme un fou auprès des instances internationales pour la levée des sanctions économiques qui frappaient son pays. Cela est indispensable, à ses yeux, pour relancer une économie à bout de souffle. Le nouveau pouvoir cherche de l’argent aussi. Mais les instances internationales traînent des pieds et exigent d’abord de voir un processus électoral transparent et démocratique et une renégociation de la dette abyssale du Zimbabwe auprès du FMI.  

Le pouvoir aux mains de l'armée

Sur le terrain, les habitants se plaignent d’une omniprésence de l’armée, de la multiplication des check-points et des vérifications d’identités qui donnent souvent lieu à des bavures. "Pourquoi le nouveau président n’a-t-il pas donné l’ordre aux soldats de rentrer dans leurs casernes, un mois après le coup d’Etat", s’interroge le vice-président de l’ONG Peace Project. Parce qu’au Zimbabwe aujourd’hui, l’armée, qui a déposé le président Mugabe, est aux commandes du gouvernement, juste à côté du nouveau président, qui fut le numéro deux du tyran. D’ailleurs, le surnom du nouveau président, Emmerson Mnangagwa, est "le crocodile", en raison de son caractère inflexible.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères n’est autre que le général qui a fait arrêter Robert Mugabe. Et il a d’ores et déjà déclaré que les soldats réintégreraient leurs casernes quand l’ordre serait revenu.

Un scrutin sous tension

L'ordre post-électoral est loin d’être garanti quand on déroule le CV d’Emmerson Mnangagwa, qui pour Robert Mugabe a arrangé, voire trafiqué, de nombreuses élections par le passé en intimidant les électeurs dans les bureaux de vote par exemple. Les électeurs sont justement en train de s’enregistrer sur les listes électorales pour la présidentielle du mois d’août. Ils sont surveillés par des hommes en armes. Et Robert Mugabe, que devient-il ? Il se fait soigner à Singapour aux frais de son pays avec qui il a négocié 8 millions d’euros en indemnités de départ, un salaire annuel à vie de 125 000 dollars et une impunité totale.    

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