Le monde de Marie. Au Nicaragua, les manifestations continuent et la répression aussi

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Les étudiants du Nicaragua n’ont pas cédé : près de deux mois après les premières manifestations, le pays est au bord de la guerre civile.

Souvenez-vous de ce mouvement du 19 avril, de ces jeunes étudiants du Nicaragua qui occupaient leur fac, et qui appelaient le pays à se joindre à eux. Ils ont été entendus et rejoints par une population révoltée par la violence de la répression policière. Le bilan humain de ces deux derniers mois de manifestations est de 187 morts. Des jeunes, des étudiants, beaucoup.   

Ils demandent le retrait d’Ortega  

Alors aujourd’hui, il n’est plus tellement question de demander le retrait de la nouvelle loi sur les retraites, aujourd’hui les manifestants ne veulent plus qu’une chose : le départ du président Ortega. Depuis dix jours, une ville est devenue le symbole de cette lutte, c’est Masaya situé à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Une ville qui, dans les années 1980, avait résisté contre le dictateur Somoza pour donner la victoire au libérateur, Daniel Ortega. Mais, il y a dix jours, un comité de citoyens de Masaya a décidé de faire sécession officiellement avec le gouvernement. Les habitants construisent des barricades aux sorties de la ville, ils s’arment aussi. Et se proclament la première ville libérée du pouvoir de Daniel Ortega, qui à leurs yeux ne répond plus aux besoins de la population. Le comité citoyen a pris en main la défense de la ville, la neutralisation des forces de polices enfermées à double tour dans leur caserne, les distributions de nourriture mais aussi l’organisation de débats tous les soirs, qui, par la grâce des réseaux sociaux étaient suivis par tout le Nicaragua.  

Toutes les barricades n'ont pas été levées

Lundi 18 juin, le dialogue reprenait avec le pouvoir central, un accord avait même été trouvé. Les barricades sont levées, pas toutes. Heureusement, car mardi 19 juin, le pouvoir central, profitant de cette ouverture, ordonnait un premier assaut sur Masaya qui a coûté la vie à trois manifestants. Les policiers ont été libérés, mais la ville et ses habitants, toujours retranchés derrière leurs fortifications, n’ont pas dit leur dernier mot, fidèles à leur réputation de durs à cuire.