En Arabie saoudite, le prince Mohammed ben Salmane mène des réformes très calculées

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu : mardi, les réformes en Arabie saoudite menées par le prince Mohammed ben Salmane.

Il y a un nouveau prince régnant en Arabie Saoudite et on le dit prêt à tout pour faire évoluer son pays, à commencer par une lutte contre la corruption. Est-ce vraiment le cas ? Le prince Mohammed ben Salmane, 32 ans, est le plus jeune fils du roi Salmane, qui a accédé au trône en 2015. C’est lui qui décide tout de suite, de confier à son fils de 28 ans à l’époque le ministère de la Défense. Avec le temps, le jeune homme cumule les postes clés, jusqu’à devenir vice-Premier ministre à 32 ans. Un homme qui contrôle aujourd’hui, en plus de l’armée, les médias et les services secrets et qui avec le temps, a développé une relation très amicale avec Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.

Une purge à l'ancienne

Pourquoi lui, plutôt que ses frères ainés ? Parce que c’est le plus proche de son père, mais aussi parce que Mohammed ben Salmane, plus connu sous le diminutif de MBS, a une vision pour l’avenir de son pays. Cette vision consiste d’abord à se garantir les mains libres. C’est chose faite depuis quinze jours, depuis l’arrestation d’une dizaine de membres de la famille royale mais aussi d’une bonne vingtaine d’hommes clés : des hommes d’affaires, mais aussi le chef de la garde royale.

La raison de leur mise à l’écart, tiendrait officiellement à leur mauvaise gestion d’un certain nombre de crises sanitaires ces dernières années. Je vous rassure tout de suite sur leur sort, ils sont détenus non pas dans un cul de basse fosse, mais au Ritz Carlton de Ryad. Mais ces arrestations d’officiels sont une grande première dans le pays.

Des projets à l'horizon 2030

MBS a donc maintenant les mains libres pour réaliser ses projets, sa vision à 2030. Par exemple, faire sortir de terre une ville qui fonctionnerait uniquement avec des énergies renouvelables. Ou encore mettre en place un programme d’austérité qu’il n’applique pas à lui même – on compte un yacht de 550 millions de dollars dans ses derniers achats. Il dit aussi qu’il veut ramener son pays à un islam modéré, une déclaration étrange pour un pays qui a toujours connu avec le wahhabisme un islam très strict. C’est lui qui a accordé le droit de conduire aux femmes, pour donner des signes d’ouverture aux investisseurs étrangers. Mais pour cela, il faudrait faire sortir de prison tous les opposants politiques incarcérés, justement parce qu’ils plaidaient pour plus de démocratie. Ce qui est loin d’être le cas.

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