"Pouvoir jouer pour des gens et les rendre heureux", tel est le credo de Don Felder

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, l’invité est Don Felder, musicien et compositeur américain, guitariste du groupe culte The Eagles pour un nouvel album "American Rock’N Roll".

Don Felder explique que son nouvel album est un hommage à la musique qui l’a influencé : "J’ai commencé à jouer du rock’n roll quand j’avais 10 ans. Je me suis fait les dents sur le rock’n roll. Et cet album est un hommage au rock’n roll américain qui m’a influencé depuis les années 1950 avec Elvis Presley" et il ajoute que tout a véritablement commencé à Woodstock : "J’y étais. Il y avait 400 000 personnes, trempées, sous la pluie et j’ai vu des gens comme Carlos Santana, Jimmy Hendrix, trois jours de musique non-stop et ça a eu un impact incroyable sur moi. Ça m’a vraiment touché de voir un tel show, d’une telle ampleur. Ça n’a jamais été refait".

Un hommage aux années Woodstock

American Rock’N Roll, la chanson éponyme de l’album est aussi un hommage aux musiciens qui ont émergé à partir des années Woodstock : "J’ai écrit cette chanson en commençant à Woodstock à propos de l’influence que tous ces musiciens ont eu, non seulement sur moi mais aussi pendant des dizaines d’années qui ont suivies sur tous les musiciens que ce soit Slash, Axel Rose, Guns’N Roses, Aerosmith Red Hot Chili Peppers, tous ceux qui sont venus après".

Je voulais montrer l’influence que Jimmy Hendrix et Carlos Santana ont eu sur les musiciens de leur temps et sur ceux qui sont devenus des stars après

Don Felder

à franceinfo

WMG (au nom de BMG Rights Management (US) LLC); ARESA, BMG Rights Management (US), LLC et 4 sociétés de gestion des droits musicaux

Ce passionné, autodidacte, raconte que c’est à 12 ans, dans une salle de cinéma qu’il découvre la scène, et du coup, son appétence pour cet exercice. Et il raconte à Elodie Suigo qu’à l’époque, avant la projection du film, des groupes locaux pouvaient venir jouer sur la scène : "J’allais là-bas avec ma guitare et un petit ampli, je montais sur scène devant les rideaux fermés et je jouais. Et là, j’ai réalisé que les gens dansaient et qu’ils s’amusaient. C’est en voyant les réactions des gens que j’ai commencé à vouloir m’améliorer, à chanter et plus seulement jouer et à écrire des chansons".

Pour Don Felder, le chemin n’est pas tout tracé ni facilité puisqu’il est issu d’une famille désargentée (sa mère blanchisseuse et son père mécano) : "On n'avait pas du tout d’argent". Mais il suit cette voie, le ventre vide ou non, l’important c’est la musique : "Il ne s’agissait jamais de gloire, de fortune ou de renommée. Il ne s’agissait que d’amour de la musique que je sois en train de crever de faim à Gainesville, à New York ou à Boston. J’aurais aussi bien pu crever de faim en Californie : je jouerai de la musique aujourd’hui, c’était ça l’unique but".

"Sa" guitare

Don Felder confie à Elodie Suigo que sa guitare est probablement ce qui lui est arrivé de plus important dans sa vie, à part ses enfants, lui apportant tellement d’amour, de joies, de bonheurs et de satisfactions : "pouvoir jouer pour des gens et les rendre heureux, ça me rend moi, vraiment heureux".

Cette guitare, c’est l’amour de ma vie qui ne m’a jamais trahie, ne m’a jamais abandonné, ne m’a jamais fait défaut, ne m’a jamais trompé. Elle a toujours été là pour m’apporter de la joie tous les jours

Don Felder

à franceinfo

Il revient sur la création de l’emblématique slow Hotel California alors qu’il se trouve dans une maison sur la plage à Malibu (Californie), assis sur son canapé à gratter "Et cette progression est venue, je l’ai joué 3 ou 4 fois et je me suis dit : Si je ne l’enregistre pas, ce sera perdu. Je suis allé dans la chambre de ma fille pour prendre le petit magnétophone qui était là, et j’ai enregistré les quelques notes, juste pour ne pas oublier. Et je suis allé sur la plage jouer avec les enfants".

Quelques temps après, les Eagles, dont il fait partie depuis 1974 en tant que "Fingers" à cause de sa dextérité à jouer de haut en bas avec ses doigts comme une araignée sur sa guitare, commencent à se pencher sur l’élaboration d’un nouvel album. Il met sur papier des idées de mélodies dont une deviendra Victim Of Love et une autre, Hotel California. Pour cette dernière, il retourne dans le petit studio de sa fille où il lui chipe sa boîte à rythmes et bidouille : "J’ai mis un rythme de cha cha et j’ai joué la musique sur une guitare 12 cordes (…) Quelqu’un a dit : J’aime vraiment ce truc qui ressemble à un reggae mexicain, et c’était Hotel California".

De la chance et des dons

"J’ai eu beaucoup de chance et de dons. Le talent que j’ai reçu et ce que j’en ai fait. On ne parle pas d’argent ou de célébrité", dit-il avant d’évoquer un concert fait devant les représentants des Nations-Unies, il y a 5 ans : "Il y avait 500 chefs d’Etat du monde entier. Contrairement à d’habitude les gens n’avaient pas d’écouteurs pour la traduction. J’ai commencé à jouer Hotel California et tout le monde s’est mis à chanter quelques soient leurs langues, tout le monde chantait et là ça m’a frappé. L’impact mondial que cette chanson a eu, ça a été un moment extraordinaire de ma vie"  

Vous êtes à nouveau en ligne