Juliette Binoche : "Le besoin de jouer, ça été une façon de m’envoler et de partir loin et de sentir la joie d’être"

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo et se confie. Aujourd'hui, Juliette Binoche.

Oui, Juliette Binoche a pris le temps. Et ça tombe bien, car dans Voyage a Yoshino, il est beaucoup question du temps qui passe. Ce fameux sablier qui coule de façon inéluctable mais sans quoi on ne pourrait pas trouver le chemin de la sérénité et du bien-être. C’est très poétique, très philosophique aussi. Juliette Binoche semble épanouie. 

On respire, on sent même le vent, quelques odeurs de forêt de grands espaces nous parviennent. La contemplation et la réflexion sont au cœur de ce film que Juliette Binoche prend plaisir à nous raconter : "C’est un retour, quelque part, aux lois anthologiques, un retour aux bases".

Juliette Binoche a su conquérir le public français avec passion. Tous les rôles qu’elle a interprétés, elle les a incarnés : Le hussard sur le toit, Les amants du Pont Neuf, ou encore Le patient anglais.

Ce métier est avant tout une passion transmise très tôt par ses parents : "Je viens d’une famille de gens du théâtre, d’artistes, j’étais inspirée par eux".

Besoin de jouer dès la cour de récréation

"Le désir ou le besoin de jouer, ça a été dans la cour de récréation. Pour moi ça été une façon de m’envoler et de prendre une montgolfière et de partir loin et de sentir la joie d’être", explique Juliette Binoche, qui aime parler de son métier d’actrice. Ce métier la nourrit humainement et la galvanise : "On ne s'imagine pas, mais c’est quand même un métier difficile [...] Une consécration, je vous le dis franchement, après, on oublie très vite, parce que si on est vraiment dans le présent, dans le travail, on ne peut pas penser à ça, ce n'est pas possible, parce qu’il y a une remise en question à chaque fois qu’il y a une caméra posée sur vous, il faut recréer la vie".

"Si on fuit dès qu’on a peur, on ne change jamais"

Le partage, oui, presque tout le temps mais quand il s’agit de la peur, Juliette Binoche la garde pour elle et tente de la dompter. La peur est très présente dans son quotidien : "Ça ne manque pas la peur quand on est acteur, c’est une matière à se transformer, c’est un moteur formidable, il faut savoir la prendre et l’aimer".

Sortir de ses peurs, sortir du carcan d’éducation qu’on a reçu. Familial le carcan. Sortir des devoirs du "il faut", ça met un certain temps, mais intérieurement, on a toujours la possibilité de liberté et ça y a pas mieux

Juliette Binoche

à franceinfo

Juliette Binoche fait partie des actrices les plus aimées et même adulées par le public français. Elle est, avec Julianne Moore, l’une des deux actrices et la première à avoir remporté le prix d’interprétation dans les trois grands festivals de cinéma : Cannes, Venise et Berlin. Elle a reçu le César de la meilleure actrice pour sa performance dans le film Trois couleurs : Bleu ainsi que l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle et le Bafta pour son rôle dans le Patient Anglais. En 2001, elle a même été l’unique comédienne française a avoir été nommée pour trois rôles différents la même année. Je lui ai demandé ce que ces récompenses représentaient pour elle.

Quand c’était Venise, j’étais allongée à l’hôpital, je venais d’accoucher, au moment de Berlin, j’étais aux États-Unis pour faire la promotion du Patient Anglais, parce que c’étaient les Oscars, je l’ai vécu sans vraiment les vivre.

Juliette Binoche

à franceinfo

Le film Voyage a Yoshino est actuellement au cinéma. Juliette Binoche sera dès le 7 février prochain la présidente du jury de l’édition 2019 du Festival du cinéma de Berlin.

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