Joël de Rosnay : "Le surf c’est l’anti-confinement, c’est la liberté et l’ouverture aux autres"

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, l’invité est Joël de Rosnay, scientifique prospectiviste, écrivain mais surtout un des pionniers dans la pratique du surf, sport qu’il met en lumière dans son nouveau livre : "Petit éloge du surf " aux éditions François Bourrin.

Joël de Rosnay est un des pionniers du surf en France, une activité sportive qu’il pratique encore aujourd’hui. Petit éloge du surf est le plus personnel de la vingtaine d’ouvrages qu’il a écrits. C’est à la fin des années 50 que la rencontre se produit : "Oui, c’est un coup de foudre, ça a vraiment changé ma vie. Ça m’a ouvert vers la société fluide, la société du déséquilibre contrôlé". 

Pour moi le surf est une métaphore de la vie, la vie est une vague, on surfe cette vague et on est en déséquilibre contrôlé en permanence. L’art c’est de retrouver son équilibre par rapport à son but dans la vie.

Joël de Rosnay

à franceinfo

C’est en 1953-54 que Joël de Rosnay commence le bodysurf (se pratique sur le ventre sur une petite planche en contreplaqué recourbée) puis c’est en 1957 qu’un ami américain, Peter Viertel (Scénariste du film Le soleil se lève aussi), de passage à Biarritz, lui apporte une planche qui lui permet de surfer debout.

Une activité, une passion qui tout au long de sa vie l’a suivi : "Quand on surfe, on est dans un écosystème qui nous gratifie de vagues magnifiques et cet écosystème on doit le protéger, d’abord le remercier de nous envoyer des vagues aussi formidables, ensuite le dépolluer la mer et essayer de faire en sorte que la mer continue à rester aussi magnifique qu’aujourd’hui". 

Quand je surfe une vague, je remercie l’océan et l’écosystème de me la donner à chaque fois.

Joël de Rosnay

à franceinfo

Etre un grand scientifique et surfeur dans l’âme ne lui paraît pas contradictoire, il confie au micro d’Elodie Suigo que dès ses études, le travail cérébral va de pair avec sa passion de l’eau. À l'époque où il rédige sa thèse de doctorat ès sciences à l’Institut Pasteur, il est invité aux championnats du monde de surf en Australie durant trois mois. Et c’est en le regardant avec des yeux ronds que son directeur accède à sa demande en espérant que "cela vous donnera des idées pour votre thèse."

Prendre le temps

Issu d’une famille de planteurs de l’île Maurice par son père qui rencontre à Biarritz sa mère russe et réfugiée, il ne pouvait que tomber dans l’océan. Joël de Rosnay a su combiner le travail, la recherche tout en gardant à l’esprit ses priorités autant individuelles que familiales : "Il faut investir du temps, surfer, le sport, la gymnastique, l’exercice, la nutrition, l’art de rester avec ma famille et mes amis fait partie de l’investissement temporel qui compte beaucoup dans ma vie". Il a transmis ce goût de la nature aux siens. Un héritage familial bien ancré : ses enfants Tatiana, Alexis et Cecilia "sont tous très proches de la nature, la protègent le mieux possible, chacun d’entre eux à leur façon. Voilà, on est une famille très naturelle au sens de : proches de la nature".

Pour Joël de Rosnay, "le surf c’est l’anti-confinement. C’est la liberté, c’est l’ouverture aux autres. On ne se confronte pas à la nature mais on est dans le partage avec elle".

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