Franz-Olivier Giesbert : "Il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier"

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, l'écrivain et éditorialiste franco-américain Franz-Olivier Giesbert pour l’ouvrage collectif "Mon prof, ce héros" aux Presses de la Cité.

Au milieu d'une vingtaine d’écrivains, d’historiens et d’universitaires, Franz-Olivier Giesbert évoque un enseignant qui a marqué sa vie d’élève dans le livre Mon prof, ce héros. Un hommage à ces hommes et ces femmes qui transmettent leur savoir et aussi à l’enseignant Samuel Paty, assassiné pour avoir voulu enseigner la liberté d’expression à sa classe.

Pour "FOG", c’était tout naturel de participer à ce livre : "Moi, je suis fils de prof. Quand je pense à ma vie, je suis beaucoup le résultat de mes profs et parmi ces profs, il y avait ma mère, prof de philo. J’ai redoublé la terminale et donc, j’ai eu deux ans de suite ma mère". Il constate avoir vécu dans une autre époque, un temps où l’autorité du maître ou de la maîtresse était respectée : "Quand on pense aujourd’hui au cirque des parents d’élèves qui persécutent des professeurs, on a honte".

On a touché à quelque chose d’absolument essentiel, on a tous pensé à nos profs, on a tous pleuré, je parle au nom de tous les auteurs de ce livre. Je pense qu’on voulait tous rendre à l’école ce qu’elle nous a donné.

Franz-Olivier Giesbert

à franceinfo

Raconteur d’histoires

Après le baccalauréat, Franz-Olivier Giesbert se tourne vers des études de droit tout en lorgnant le métier de journalisme. Ce qu’il souhaite fondamentalement c’est de devenir écrivain et ce, depuis qu’il a dix ans, ce qui affole sa mère : "Je trouvais des boulots de substitution (…) J’ai gagné pas mal d’argent à l’époque dans les journaux, en faisant un remplacement d’été où je faisais les bals des pompiers etc… et c’est là que j’ai décidé de me lancer dans le journalisme". En souriant, il précise que sa mère aurait préféré qu’il marche sur ses traces : "C’était un peu son rêve".

Dans son parcours, Franz-Olivier Giesbert est un électron libre pour une simple raison selon lui : "Il faut toujours vivre chaque jour comme si c’était le dernier", et il a aussi une idée bien précise du métier de journaliste : "Même si je peux donner l’impression que je fais facilement des compromis parce que je suis aimable. Toujours, je me réveille de bonne humeur, toujours du pied droit. Je suis parfois raide aussi parce que ce métier, moi, je trouve qu’il ne se pratique pas couché."

François Mitterrand m’a énormément marqué. Par exemple il y a beaucoup de phrases qu’il m’a dites dont je me souviens. Il m’apprenait des choses pour la vie, des choses sur le pouvoir. C’était absolument un pygmalion !

Franz-Olivier Giesbert

à franceinfo

Le temps qui passe

De ce parcours, il confie : "Je suis à un âge où on peut se dire que ça peut s’arrêter demain, c’est clair". Il aimerait que la dernière phrase qui parle de lui soit : "C’était bien" et en attendant ce jour, il tient la barre : "Tant que j’aurai un souffle de vie, je continuerai d’améliorer le monde". Franz-olivier Giesbert a un adage de vie : "On n’est jamais trop vieux pour apprendre, ni trop jeune pour enseigner", et il s’en explique : "Vous savez la jeunesse, ça vient avec le temps. Moi, je me sens beaucoup plus jeune peut-être que j’ai pu l’être à certains âges de ma vie. Ce qui vous rajeunit toujours, ce sont les responsabilités, c'est pour ça que l’on voit tant de vieillards jeunes et j’espère faire partie de cela encore très longtemps."

L’argent de la vente de Mon prof, ce héros est intégralement reversé à la Fondation pour l’égalité des chances à l’école.

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