Elliott Murphy : "L'art, c'est nécessaire"

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, le chanteur, musicien et écrivain américain Elliott Murphy.

Chanteur, auteur, compositeur et écrivain américain, Parisien d’adoption, Elliott Murphy publie ses mémoires : Just a story from America aux Éditions du Layeur. Cette icône du rock & folk  nous plonge avec délicatesse et poésie grâce à cette autobiographie dans son univers, sa vie, sa carrière.

Elodie Suigo : Vous publiez un ouvrage intitulé Just a Story from America aux éditions du Layeur, ce sont vos mémoires. Heureux de ce parcours que vous avez effectué ?

Elliott Murphy: J'ai 71 ans et je me souviens encore de tout, je n'ai pas oublié mon histoire. C'est le bon moment pour ça.

C'est un peu l'histoire d'un Américain à Paris ?

Exactement parce que maintenant, j'habite ici depuis 30 ans. J'habite à Paris depuis plus longtemps que je n'ai vécu à New York.

Ça vous a aidé d'écrire sur vous ?

Oui, je pense mais c'est pareil pour tous les gens qui font leurs mémoires, c'est un peu comme une thérapie pour revivre toute une vie. Et aussi, j'ai eu un petit problème, j'ai beaucoup écrit et j'étais un peu perdu. J'ai appelé Bruce Springsteen pour ses conseils. C'est un ami, mais surtout j'aime beaucoup la mémoire de Bruce. Et je lui ai dit: "Je suis un peu perdu maintenant" et son conseil très profond a été : "Écris les choses qui étaient très importantes pour toi, personnellement". Donc c'est pour ça qu'il y a beaucoup de choses sur ma famille, mon enfance à Long Island et les débuts de ma carrière.

Je voudrais qu'on parle de ces débuts. Il y a d'abord une vraie rencontre avec un instrument, la guitare. Vous comprenez ce jour-là qu'il s'est passé quelque chose et qu'il va se passer quelque chose ?

Mon affaire d'amour avec la guitare commence quand j'ai 12 ans et c'est ma mère qui me propose ça parce que quand j'étais enfant, c'était très difficile pour moi de me canaliser à l'école. Et ma mère pense que peut-être si j'ai un hobby, quelque chose comme la guitare, je peux faire mieux à l'école. Et ça marche très bien avec la guitare mais pas bien du tout avec l'école parce qu'après que j'ai commencé avec la guitare, j'ai oublié complètement mes études.

J'ai l'impression que votre maman, ça a été votre plus gros pilier.

Oui, j'ai perdu mon père à l'âge de 16 ans et ma mère était une comédienne qui est devenue une housewife [mère au foyer] américaine dans les années 50 et je pense qu'elle a toujours été un peu frustrée et que peut-être avec moi, elle a pu vivre une carrière par procuration.

Votre papa tenait un Aquashow, il y avait des attractions aquatiques mais pas que, il y avait déjà ce sens du spectacle qui est rentré dans votre vie. Ensuite, ça n'a plus fonctionné. Est-ce qu'on se rend un peu plus compte à ce moment-là de ce qui est le plus important dans la vie ?

Pour moi, le show, c'est toujours trouver une passion pour quelque chose. Pour moi, c'est vraiment de la musique qui a sauvé ma vie. J'ai grandi dans les années 60 et ce n'est pas juste la mort de mon père mais le monde changeait complètement.

Adolescent vous avez vraiment appris la musique. Il y avait du rythm'n blues, du rock... Mais le style dans lequel vous êtes le mieux, c'est ce que vous appelez vous "le rock lettré" parce que c'est un mélange de littérature et de rock. C'est votre style ?

Depuis 45 ans, c'est difficile pour moi de dire: "Oui, je suis dans ce genre de musique". Pendant les années 60, il y avait beaucoup de mélanges avec la littérature et la musique. Tous les arts, la peinture, le cinéma avec Easy Rider et la littérature arrivaient au même niveau dans la culture, maintenant c'est différent mais l'art, c'est nécessaire.

Votre premier album s'appelait Aquashow, c'était vraiment un hommage que vous rendiez à votre famille. Dès le départ, vous aviez une patte Elliott Murphy, tout comme Bruce Springsteen, tout comme Bob Dylan mais les Américains n'ont pas accroché avec votre musique. Est-ce que vous êtes déçu de ça ?

J'étais déçu bien sûr, et c'est difficile à dire mais heureusement j'ai eu beaucoup d'encouragements par la critique et les radios aussi.

Je voudrais qu'on parle d'un titre, Selling the gold, qui est sorti en 1995 avec Something like Steve McQueen parce que ce sont deux chansons très importantes pour vous, il y a la voix de Bruce Springsteen. C'est important cette amitié ?

Oui vraiment, il est important pour moi, personnellement parce que Bruce est comme un frère, un ami aussi, il a toujours donné le bon exemple du rockeur qui prend la musique au sérieux.

C'est quoi la suite pour vous ? 

Beaucoup de projets. Pendant le confinement j'ai fait un disque avec Olivier Durand, mon guitariste, mon partenaire musical depuis 26 ans. J'ai fait une narration de ma poésie et Olivier a composé la musique. Cela s'appelle The Middle Kingdom et ça marche bien. Maintenant peut-être que je vais écrire la deuxième partie de mes mémoires, ma vie à Paris.        

℗ Murphyland

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