Daniel Auteuil : "Le cinéma m'a permis de vivre une vie qui me fait glisser sur un toboggan magique"

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Elodie Suigo et se confie. Aujourd'hui, Daniel Auteuil.

Rémi sans famille est déjà bien connu de tous. Ce film est très attendu, car il parle à tout le monde, on touche à notre patrimoine commun.

C’est un Daniel Auteuil comme on l’aime qui apparaît à l’image : juste et émouvant. Dans ce film, il joue le rôle du Signore Vitalis, l’homme qui recueille Rémi, ce petit garçon orphelin. C’est lui qui va lui enseigner les bases, lui transmettre des valeurs. Daniel Auteuil joue comme jamais il n’a joué, on le découvre différemment. Il nous parle du rôle et du film : "C’est différent. On y est, c’est-à-dire, où se rencontre, mon âge et un rôle, un âge où l'on n'a renoncé à rien d’une nouvelle vie, on fuit l’ancienne et une envie de croire que les choses sont possibles".

"Je me suis identifié à Rémi"

Quand on discute avec lui, Daniel Auteuil ouvre davantage les yeux sur des évidences qu’il n’avait pas forcément vues au premier abord. Ça lui permet parfois de regarder un peu en arrière, de se revoir enfant et donc de s’identifier aussi un peu plus. "Je me suis davantage identifié à Rémi qu’au vieux, ma vie enfant a été une vie de voyage. À quatre ans, je suis le fils de madame Butterflys, c'est ma première fois sur une scène. 64 ans après, je me souviens encore du souffle que j'ai ressenti en montant sur scène, la chaleur de la rampe, les yeux des gens, c'est quelque chose qui m'a marqué à vie."

Ce film est comme une caisse de résonnance à sa vie et à son parcours, à ce qui l’anime et l’a construit depuis son plus jeune âge. Dans Rémi sans famille, la musique occupe une place poétique essentielle. Ce qui le renvoie à ses parents, qui étaient tous les deux chanteurs lyriques d’opéras et d’opérettes. Tous deux ont contribué malgré eux au choix de vie et de métier de l’enfant qu’il était. "Je suis né de parents chanteurs, choristes, des gens modestes qui n'avaient pas de premier rôle, ce n'était pas des divas de l'opéra, c'était des gens qui avaient la chance de vivre de leurs passions. Quand ils partaient travailler, ils partaient en riant et quand ils revenaient, ils riaient toujours. On changeait souvent de ville, d'école et donc d'amis, c'était les prémices de ce qu'allait être mon métier".

Un détachement appris très tôt

Là où ce rôle prend une ampleur extraordinaire, c’est quand on découvre l’histoire et l’origine de son nom de famille, "Auteuil", un nom attribué à son arrière-grand-père orphelin. Une histoire incroyable, qui n’a étonnement pas pesé dans la balance quand il a accepté le rôle, ni même quand il a joué. "Auteuil a été donné à mon arrière-grand-père, qui est né à Alger, qui était orphelin, on lui a donné le nom d’Auteuil quand il est entré à l’orphelinat, j’avais oublié ça". "Le nom d'Auteuil est un nom qui vient de l'assistance publique, on ne sait pas d'où on vient avant. Le cinéma m'a permis de vivre une vie qui me fait glisser sur un toboggan magique, je ne sais pas vers où, mais qui m'entraîne toujours."

Rémi sans famille est sur les écrans depuis le mercredi 12 décembre. De quoi replonger en enfance et s’offrir un beau moment de partage et de poésie.

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