Cœur de pirate : "Les gens se retrouvent dans ce que j’écris"

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Mercredi 15 janvier, l’invitée est l’auteure-compositrice-interprète et pianiste canadienne Cœur de Pirate pour l’album "Back dans les bacs" et une série de concerts dans l'héxagone en janvier et février.

La compilation Back dans les bacs permet à 16 artistes de revisiter des tubes de la fin des années 1990 au début des années 2000. Béatrice Martin, dont le nom de scène est Cœur de pirate, s’est emparée de la chanson Femme Like You, sortie en 2004. "C’était une chanson quand même phare pour ma génération au Québec et je pense que ça a touché pas mal de gens en France aussi", explique la chanteuse. Elle l’a mise à sa sauce passant du R&B à une version plus triste.

UMG, Believe Music

La musique, elle est tombée dedans quand elle était petite, puisque sa mère est pianiste classique, accompagnatrice au Conservatoire et à l’Université McGill. Ça aurait pu être sa sœur mais non, c’est Béatrice qui emprunte la voie de la musique. Cela ne déplaît pas à ses parents puisqu’elle n’excelle pas à l’école : "Si au moins elle joue d’un instrument, elle va pouvoir avoir un travail plus tard !".

Le piano n’est pas vraiment un coup de foudre car c'est très exigent en terme de pratique et de temps passé à jouer. "C'était un peu comme une obligation, se rappelle Cœur de pirate. Tu mets n’importe quel enfant de 9 ans au conservatoire avec des cours de solfège le samedi, c’est un peu lourd. Mais ça m’a formé, et aujourd’hui je suis capable de faire ce que je fais grâce à ça".

Alors qu’elle est encore au lycée, elle rencontre le succès, elle rapporte son étonnement à Elodie Suigo : "Je pensais sortir un petit disque et puis continuer à aller à l’école (…) Bon, au pire je fais des concerts le week-end puis je vais à l’école. Finalement c’est devenu plus gros que ce que j’anticipais". C’est une thérapie que d’écrire ses maux et ses joies et de les partager avec son public.

De l’ombre à la lumière

Enfant, elle se décrit réservée : "J’étais très renfermée sur moi-même, je n’avais pas beaucoup d’amis au primaire. Je me suis fait aussi beaucoup intimidée quand j’étais plus petite". L’intimidation entre enfant est quelque chose qui la marque à vie : "Ça a des répercussions par la suite sur tout, sur ta façon de fonctionner, de voir les relations (…)  Quand je suis arrivée au collège, ça s’est calmé mais c’est vrai que pendant longtemps j’étais beaucoup dans mes propres pensées."

Cœur de pirate ne réalise pas tout de suite à quel point son premier single Comme des enfants, sorti en 2009, est un succès. Elle n’a que 18 ans et l’entend passer à la radio en boucle. À l’époque, les réseaux sociaux sont rares et elle explique que c’est bien plus tard qu’elle mesure la déferlante. Cœur de pirate se dit que cela lui a peut-être permis de "Garder les 2 pieds sur terre". Cette chanson écrite en français, la première, ne correspond pas aux standards radiophoniques canadiens. En revanche, en France, elle est sollicitée ce qui l'étonne : "Wahou, c’est la première chanson que j’ai écrit en français, c’est fou que tout d’un coup tout le monde la connaît." Une deuxième chanson Ensemble et sa petite vidéo faite par un photographe devient vite aussi virale et confirme l’artiste au niveau international.

UMG, Believe Music

S’il y a une chose que je sais faire en fait, c’est écrire des chansons (…) Et les gens se retrouvent dans ce que j’écris. Entendre le retour des gens qui me disent à quel point ça a changé leur vie, c’est ce qui me fait continuer.

Cœur de pirate

à franceinfo

Cœur de pirate a conscience qu’une carrière peut-être éphémère et se réjouit que l’aventure continue. "C’est cool de savoir que les gens viennent quand même me voir en concert, continue la chanteuse, et que je suis encore là et que je fais encore partie de l’univers de la francophonie et des gens". C’est une femme heureuse de son sort, de ses allers retours entre la France et le Canada qu’on lui souhaite encore nombreux : "Je trouve ça cool d’avoir les deux cultures. De venir ici depuis 10 ans puis de pouvoir retourner à Montréal. Je prends le meilleur des deux mondes et ça fait moi."

Pour aller l’applaudir lors de son passage en France, c’est le 21 janvier à Mérignac, le 24 à Issoire, le 26 à Caluire et Cuire, le 29 à Vittel, le 30 janvier à la Cigale à Paris, le 1er février à Béthune et le 5 février à Sausheim.

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