"C’était une horreur" : Jane Birkin se souvient de l’enregistrement de la chanson "Ex fan des sixties"

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Toute cette semaine, Jane Birkin est l’invitée exceptionnelle du monde d’Elodie. Un tête-à-tête en cinq chansons. Aujourd’hui, la chanson "Ex fan des sixties".

Actrice et chanteuse incontournable de la variété française, Jane Birkin a reçu le 12 février dernier, lors des 36es Victoires de la musique, une Victoire d'honneur, remise par sa fille Lou Doillon, pour l'ensemble de sa carrière. Cette semaine, on revient sur ce parcours avec quelques-unes des chansons marquantes de son répertoire. Aujourd'hui, on remonte le temps jusqu'en 1978 avec Ex fan des sixties, issue de l'album du même nom.

franceinfo : Au début, vous avez eu énormément de mal à chanter Ex fan des sixties.

C'était une horreur parce que je partais tout de suite, trop vite, sur le temps et Serge disait : "Non !". On m'engueulait, on essayait de trouver d'autres astuces pour que je démarre au bon moment. Il ne comprenait pas que je n'ai aucun grain de rythme en moi. 

Pendant l’enregistrement, Serge était odieux parce qu'il ne comprenait pas comment je pouvais être aussi nulle alors que j'étais capable, d'après lui, de chanter très haut, de faire des prouesses, des choses compliquées.

Jane Birkin

à franceinfo

Finalement, on a arrêté arguant que je faisais une fixette. On a passé un été à Cresseveuille et cet été-là, T. Rex et Elvis sont morts. Normalement, la chanson finissait par "Et la pauvre Janis Joplin" et là quand je l'ai rechantée, j'ai ajouté "Janis Joplin, T.Rex, Elvis". Et là, quand je l'ai chantée, je n'avais plus aucune problème. C'était bien une fixette.

Serge Gainsbourg n'a pas toujours été tendre avec vous et ce, dès le tournage du film Slogan. Il était dur avec vous ?

Oui, parce qu'il n'en n'avait rien à cirer. Je pense qu'il trouvait très bien Marisa Berenson, et qui arrive après ? Une sorte d'Anglaise dans une mini-jupe qui ne parle pas français, donc je pense qu'il me trouvait idiote. Il avait des goûts beaucoup plus sophistiqués, mais trouvait que je pleurais très bien. Il m'a même aidée avec un peu de texte quand j'étais en panne parce que je ne parlais pas le français. On me donnait le scénario le matin avec le valet chinois de Grimblat pour apprendre le texte, ça n'aidait pas beaucoup, c'était trois heures avant l'essai, donc je suppliais d'avoir un accident dans la voiture qui m'emmenait jusqu'au Quai du Point du Jour. Juste un petit accident. Une jambe cassée. Quelque chose qui ferait que je retourne en Angleterre.

J'ai compris que c'était une audace de prétendre de faire un essai en parlant une langue qu'on comprend pas. Je pense qu'il a trouvé tout ça ridicule. Je lui avais demandé pourquoi il ne me demandait pas comment ça allait, et il a répondu que ça lui était bien égal.

C'était une surprise que Serge Gainsbourg n'ait pas refusé que je sois dans le film 'Slogan' car c'était lui la vedette. Il y avait des personnes géniales au casting donc il pouvait mettre son veto. Il ne l'a pas fait.

Jane Birkin

à franceinfo

En arrivant après les événements de Mai 68, pour faire le tournage, je l'ai trouvé, là aussi, tellement distant. Moi, il fallait que je sois dans les baignoire à poil comme d'habitude ou perchée sur le bord. C'était lui dans la baignoire, mais il avait gardé un énorme maillot de bain en bleu, blanc, rouge. Je trouvais que lui, avait toujours des positions pour se cacher et que moi, j'étais dans cette situation où on vous voit bien plus que vous n'avez envie d'être vue. En plus il me regardait comme s'il n'en avait rien à faire.

Que représente pour vous cette chanson Ex fan des sixties ?

Je ne peux pas enlever ce traumatisme de l'enregistrement.

On se retrouve demain pour le dernier épisode de cette série qui vous est consacrée avec une chanson extraite de votre dernier album : Ces murs épais.

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