Avec l'album "Global musique", le duo Synapson veut "offrir, par la musique, le plus grand et le plus beau des voyages"

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, Paul Cucuron et Alexandre Chiere, du groupe de synthpop Synapson.

Alexandre Chiere et Paul Cucuron forme le duo-groupe de synthpop [genre musical où le synthétiseur a une place prédominante] Synapson. DJ, remixeurs et producteurs, ces deux amis d’enfance, après quelques galères à leurs débuts il y a 11 ans, rencontrent leur public avec Sentimental Affair (2012), enfoncent le clou en collaborant, entre autres, avec Anna Kova pour All in you (2015).

Leur nouvel album est disponible depuis quelques semaines : Global musique – Volume 1.

Elodie Suigo: Depuis peu, votre nouvel album est sorti : Global Musique - Volume 1, c'est un cocktail fruité, salé, pimenté même, parfois "caliente", de par les diverses collaborations qui le composent. Un album avec une dominante africaine et une envie, celle de mieux vivre ensemble.

Paul Cucuron : Oui, l'idée, c'était de collaborer avec un maximum d'artistes. Nous, on fait la musique, donc on est principalement allés chercher des voix. Il y en a beaucoup qui viennent du continent africain, mais pas que, on a aussi une artiste anglaise, on a Flavia Coelho qui représente le Brésil, donc on a une petite partie d'Amérique du Sud et après, on a des voix mythiques, comme celle d'Oumou Sangaré, la chanteuse malienne. C'est un melting-pot.

Alexandre Chiere : On a la France aussi avec Tim Dup.

Ce mélange culturel, c'est votre ADN ?

Alexandre: Tous les styles sont vraiment mélangés donc à chaque fois, le but, c'est de ne se donner aucune limite et d'offrir par la musique le plus grand et le plus beau des voyages.

Vous vous mettez "au service de", mais en même temps, on vous entend, c'est plutôt malin.

Alexandre: Je ne sais pas. On a toujours une volonté de laisser respirer l'instrumental. C'est une vraie volonté avec Paul et on travaille avec des chanteurs qui perçoivent un petit peu – on a de la chance à chaque fois – la musique que l'on propose. Ils reçoivent ça un peu comme nous on l'interprète. Du coup, ils viennent naturellement placer leurs voix. Cela fait un petit mélange où on arrive à profiter autant de la musique que de la voix.

Vous n'êtes pas du tout nés dans les mêmes régions. Le vecteur commun, c'était le lieu des vacances et vous vous êtes connus à 8 ans ?

Alexandre : Oui, nos parents allaient dans la même résidence à Biarritz, l'été.

Paul : L'histoire du groupe est assez "clichée", parce que c'est une histoire de deux potes d'enfance. Ce qui fait qu'on est un groupe, c'est qu'Alex est un super mélodiste, il fait du piano jazz depuis qu'il a l'âge de 4 ans. À l'inverse, moi, je me suis plus passionné pour l'univers du studio, des machines, etc. Donc quand on s'est retrouvés à Paris, il y a onze ans maintenant, l'alliance s'est faite naturellement et l'intérêt de ce groupe-là, c'est qu'on n'apportait pas les mêmes forces, même si aujourd'hui, on s'est beaucoup appris l'un l'autre.

Vous avez failli vous séparer, quand même. Le manque de succès, à vos débuts, c'était difficile ?

Alexandre : Il y a eu des moments très durs. Je pense notamment au premier album qu'on a fait en indépendant. On s'était dit "On s'accorde un an pour faire cet album et on voit ce qui se passe". On a vu ce qui s'est passé. Après en effet, il faut comprendre que passer d'une amitié à une relation professionnelle, ça n'a absolument rien à voir. On se redécouvre, on réapprend plein de choses. En plus, aujourd'hui si on compare ça a une vie de couple, on fait chambre à part, on a chacun notre studio mais à l'époque, on n'avait pas les moyens, donc on était réunis dans le même studio. On n'a pas les mêmes façons de bosser, donc on se marche un peu dessus, c'est à celui qui met le plus ses influences dans la musique, donc c'est toujours très compliqué.

Il y a eu une fois où il y a eu une petite friction, il y a de ça neuf ans et depuis, on vit des moments difficiles mais on les vit ensemble, on ne les vit pas en s'opposant

Alexandre de Synapson

à franceinfo

Le premier vrai album, c'est Stendhal Syndrome, avec Sentimental Affair. Le but, c'était aussi de s'évader ?

Paul : L'histoire de ce morceau est assez géniale, parce qu'on rentrait de notre premier voyage à New York. On était allés dans des clubs, on a écouté plein de musique et on avait fait cet instrumental. À l'époque, on avait un de nos anciens colocs qu'on a fait chanter sur Sentimental Affair. Pour la petite histoire, son père était un des premiers tourneurs des Gipsy Kings. L'histoire est assez géniale et ce titre-là a un super écho, on a même eu des premières radios parisiennes qui ont commencé à jouer le titre (très tard la nuit, mais peu importe), le morceau a eu le mérite d'avoir eu une vraie résonance, la première dans les médias et on est très flattés que vous nous en parliez encore.

Vous êtes le premier groupe à offrir une ode à l'horlogerie avec Super Sonnerie. Il y a beaucoup d'émotion dans cet album...

Alexandre: Moi quand je compose, et je pense que Paul est un peu pareil, pour avoir besoin d'avancer dans une musique, j'ai souvent besoin d'avoir une image ou une vidéo. Faire comme si c'était une musique de film que j'étais en train de composer par rapport à une scène précise. Par exemple, il y a un morceau qui s'appelle Ilunabarra dans l'album qui veut dire "coucher de soleil", en basque, et j'avais vraiment cette sensation de revivre des soirées quand on était jeunes, sur cette fameuse plage de la Milady avec la promenade qui nous amène jusqu'à Biarritz. C'est l'album où j'ai ressenti le plus de rapports à l'image sur chaque musique. Cela m'a donné une nouvelle approche de la musique et comme le titre l'indique, c'est Volume 1, donc le but est que potentiellement il y ait Volume 2, Volume 3 et je sais qu'en tout cas, c'est une façon de travailler, une façon de faire que j'aimerais que l'on retrouve à l'avenir.

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