"Les merveilles", de Claire Castillon

Les enfants sans amour ont souvent une vie difficile. C’est ce que souligne Claire Castillon dans son nouveau roman.

L’histoire d’une femme qui raconte à son mari qu’elle fait des ménages alors qu’elle se prostitue. Mais, après les mensonges, la rage et la haine de soi, la violence. Un livre écrit avec des mots qui frappent comme des coups de poing.

Les merveilles , de Claire Castillon est publié chez Grasset (237 p., 18,00E) Note : ****  

Mot de l'éditeur

" D’un coup, l’amour. L’homme, tout le trafic autour, ça me met de
l’essence. Dès que je peux faire la fille, je suis complètement
nénuphar, et j’ai le rose aux joues. Une vraie vacherie au début, la
présentation de soi-même devant le mâle, à travailler comme un paon.
J’ai pas l’habitude de sourire comme ça à n’importe qui et je rame. J’ai
peur que mes dents tombent. "

Evelyne est cynique, moqueuse, et
drôle. Elle a treize ans, des parents qu’elle méprise, un frère qu’elle
sadise, et un chien, Lulu, qu’elle chérit. Un jour, son père mutile Lulu
sous ses yeux, et sa vie bascule. C’est un premier mai : muguet,
clochettes. Désormais, Evelyne héberge des carillons dans sa tête. Il
leur arrivera de s'exprimer à sa place, en toute légitime violence.
Ensuite, elle tape sur sa mère à coups de marteau, couche avec Joe
Vandaire, un ami de ses parents, est exclue du lycée, devient
strip-teaseuse, et puis Lulu meurt. Alors Evelyne s’en va. Elle
s’installe avec Luiggi le pizzaïolo, qui lui fait un enfant. Une vie
presque normale. Mais la semaine, au lieu d’aller à l’usine faire le
ménage, Evelyne est escort-girl en secret.
A force de rencontrer des "clients distingués ", elle commence à sentir "la possibilité de
l’épaisseur des gens
". Et puis Daniel entre dans sa vie : "Il a plus
d’idée qu’un génie à deux têtes. Il me les partage, ça me consolide".

Côtoyer
l’intelligence, ça la grise, mais Daniel parle trop, trop, trop, il est
narcissique et égocentrique, Evelyne se lasse, elle le quitte, il
s’accroche et pleurniche.
Elle le poignarde.
"C’est facile pour personne d’apprivoiser sa cellule".