"Le divan de Staline", de Jean-Daniel Baltassat

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Pourra-t-on jamais expliquer la folie criminelle de Staline ? Cette interrogation est au cœur du nouveau roman de Jean-Daniel Baltassat, sélectionné pour le Prix Goncourt. Dans ce livre intitulé Le divan de Staline, l'écrivain met en scène une sorte de psychanalyse du dictateur par sa maîtresse. Mais l'étude d'un monstre et d'une des figures du mal absolu est-elle vraiment possible ?

Le divan de Staline , de Jean-Daniel

Baltassat est publié aux éditions du Seuil (310 p., 20E) – Note : ***

Résumé : 1950. Borjomi, Géorgie.

Pour quelques jours, Staline se retire au pays natal dans le
palais décadent de feu le grand duc Mikhailovich. À la demande de la Vodieva,
qui prétend l'avoir toujours aimé et ne lui avoir jamais menti, il y reçoit le
jeune peintre prodige du réalisme socialiste, Danilov, concepteur d'un monument
d'éternité à la gloire du Petit Père des Peuples.

Dans le bureau ducal, un divan identique à celui de Freud à
Londres. Même kilims sur la couche et aux murs. "Que Staline dorme sur le
divan du charlatan viennois, j'en connais à qui ça plairait de l'apprendre
",
dit Iossif Vissarionovitch.

On a beau être dans l'âge de la grande usure des émotions,
on a encore le goût du jeu.

Voilà comment les choses vont se passer : pendant que
Danilov subira les interrogatoires du redoutable général Vlassik, Staline
s'installera sur le divan et la belle Vodieva prendra le fauteuil. Elle
pratiquera la prétendue technique d'interprétation des rêves du charlatan
tandis que lui se souviendra de ses histoires de nuit. L'enfance, sa mère, les
femmes. Et surtout, le plus grand des pères menteurs : Lénine. Mais qui, mieux
que Iossif Vissarionovitch Staline, saurait faire d'un mensonge une vérité et
d'une vérité le mensonge ?

"Camarade Danilov, dit-il, la vie est devenue meilleure et
plus gaie, voilà l'éternité de Staline.
"

Danilov tremble devant celui qui sait tout et peut tout. Il
tremblerait plus encore s'il savait ce qui l'attend.