Crises d'angoisse sur la Croisette

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Les deux derniers films en compétition de ce 69ème festival de Cannes sont projetés aujourd’hui, avant le palmarès demain : "Le Client" de l’Iranien Asghar Faradhi et "Elle" de Paul Verhoeven.

Il a 72 ans, n’était pas venu à Cannes depuis 1992 et Basic Instinct  : Paul Verhoeven, Hollandais de naissance mais cinéaste multi-culturel et mélangeur de genres, on lui doit aussi RoboCop , a choisi un roman français Oh.. , de Philippe Djian et un casting français pour son film "Elle". Il a aussi choisi Isabelle Huppert et personne d’autre pour jouer Michèle,  une femme d’affaires, divorcée qui traîne un pathos redoutable. Gamine, elle a assisté au coup de folie de son père qui a tué une bonne dizaine de gamins du quartier. Est-ce pour ne pas voir ce passé remonter à la surface qu’elle ne dit rien quand elle se fait violer chez elle ? Peut-être.

Comme promis, voici l’immodeste Nicolas Winding Refn, dont The Neon Demon  a au mieux dérouté, sinon franchement énervé. Le Danois avait conquis Cannes en 1991 avec Drive , il revient avec une longue démonstration esthétique, bourrée de musique, de couleurs, de graphisme et très peu de texte. La très jeune Elle Flaning est une mannequin qui débute à Los Angeles, convaincue qu’elle est d’une beauté irrésistible, elle déclenche la jalousie cannibale de  ses rivales. Durant plus de deux heures est-on encore au cinéma dans cette célébration du culte de la beauté et de ses travers ? Winding Refn regarde sans complexe une fois de plus du côté de Stanley Kubrick, David Lynch et Quentin Tarentino et on se demande où il veut en venir. La réponse c’est qu’en fait il a fait ce film pour un public jeune, en clair, on est tous des vieux ringards et le cinéma formel est en train de mourir à l’ère du numérique.

 

Jia Zhangke est à Cannes lui aussi, mais pas pour présenter un film. Le réalisateur chinois, en sélection officielle l'année dernière avec Au-delà des montagnes,  est venu comme parrain de la Fabrique des Cinémas du Monde... Chaque année, des cinéastes sont soutenus pour mener leurs projets à bien. Jia Zhangke, qui s'est battu pour avoir une voix chez lui en Chine, est bien placé pour savoir que le cinéma est un outil puissant.

A la veille du palmarès voici trois palmes spéciales : tout d’abord celle de l’accident industriel pour Sean Penn. The last face a provoqué des rires nerveux, bien pires que des sifflets. Dans ce mélo mielleux chez les médecins humanitaires en Afrique, la palme de la réplique déjà culte revient à Jean Reno, "ze french doctor in ze movie" : “It is not grabbing, it is loving ”. Traduction : “Ce n’est pas choper, c’est aimer ".

Enfin la Palme dog est attribuée cette année à titre posthume. Marvin, adorable bouldogue du délicieux Paterson  de Jim Jarmush n’a pas survécu à l’humour du réalisateur, l’animal est mort peu de temps après le tournage et c’est Adam Driver qui en parle le mieux.

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