Quand les Etats-Unis lancent un faux Twitter pour destabiliser Cuba #barbouzes

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C'est une histoire digne d'un roman de Johnn Le Carré ou de James Ellroy, mais avec un réseau social au centre de l'intrigue. Imaginez-vous Julien, que les Etats-Unis ont essayé de lancer en secret un réseau social, une sorte de sous-Twitter, pour déstabiliser le pouvoir à Cuba. Son nom : Zunzuneo traduction : le colibri.

Il y a quelques jours, des journalistes d'Associated Press et du Washington Post ont dévoilé toute l'affaire et expliqué comment les Etats-unis avaient lancé ce faux Twitter à Cuba, depuis l'Espagne via une banque aux îles Caïman.

Tout commence en 2009 quand l'US Aid récupère 500 000 numéros de téléphones de Cubains auprès de Cuba Cell, le SFR ou le Orange local.L'US Aid, c'est une agence humanitaire américaine mais qui sert souvent de vitrine à des activités de barbouzes du gouvernement dans les pays d'Amérique du sud.Les barbouzes sont des techniciens, la preuve. Les Etats-Unis décident d'utiliser ces numéros pour lancer en secret un réseau social à base de SMS. Officiellement, il s'agit de permettre aux Cubains de recevoir et d'échanger des informations sur le sport ou la météo.Pas de quoi déstabiliser le pouvoir de Raoul et Fidel Castro... ---------------------------------------------------------------Mais ça ce n'était que le début. D'après les dernières révélations, l'idée était de pousser assez de Cubains à s'inscrire pour pouvoir ensuite diffuser des messages beaucoup plus politiques. Selon les documents publiés par le Washington Post, les Etats-Unis voulaient se servir de ZunZuneo pour organiser des rassemblements et "*renégocier l'équilibre des pouvoirs entre l'Etat et la société* ".40 000 Cubains ont utilisé ce réseau, qui contournait ainsi la censure du gouvernement, dans un pays où l'accès à internet est rare, cher et très surveillé. Il se dit même que Jack Dorsay, l'un des fondateurs de Twitter, aurait été approché pour donner son avis d'expert sur ce réseau, mais qu'il aurait refusé.Zunzunéo a finalement été abandonné en 2012, après que les Etats-unis ont investit plus de 1,6 milions de dollars dans cette opération. Une barbouzerie en ligne, une sorte de baie des cochons, version numérique, qui n'aura pas eu plus de succès que celle lancée en 1961 par Kennedy.Les Etats qui s'intéressent décidément de très près à ce que les citoyens font sur les réseaux sociaux... ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------On a appris que pendant les 6 premiers mois de 2013, plus de 70 Etats avaient demandé des données à Facebook [qui vient de publier son rapport de transparence](https://www.facebook.com/about/government_requests).Et si les Etats-Unis sont les plus curieux sur ce que leurs citoyens font sur le réseau, devant l'Inde et le Royaume-Uni, la France n'est pas en reste. Elle se place en sixième position avec plus de 1 600 requêtes.
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