Ghislaine Tormos : "Personne n'est à l'abri à l'heure actuelle"

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Le 12 juillet 2012, la fermeture du site PSA d'Aulnay était annoncée. Après leur avoir promis que le site resterait ouvert et que la priorité était de préserver leurs emplois, les ouvriers d'Aulnay sont priés d'aller voir ailleurs. Ce sont 3.000 emplois supprimés, 3.000 vies bousculées. Certains ouvriers seront reclassés dans le groupe, d'autres devront partir à la recherche d'un (improbable) nouveau CDI. Ghislaine Tormos, elle, a décidé de se battre avec courage.

"Le travail, notre seule richesse, coûterait trop
cher. Ils n'ont que ça à la bouche. J'en ai assez bavé, je ne supporte plus de
voir nos emplois supprimés par milliers. Je veux que la France conserve ses
usines et son industrie, je refuse que mes enfants soient obligés de quitter
leur pays pour trouver du travail. Si on ne réagit pas, dans dix ans, on est
morts.
" Ainsi parle Gigi du ferrage, ouvrière à l'usine automobile PSA
d'Aulnay-sous-Bois.

Ghislaine Tormos raconte ce qu'elle a vécu dans Le
salaire de la vie, aux éditions Don Quichotte
. Même s'ils le sentaient venir
les salariés de PSA de voulaient pas de cette fermeture. "Comme beaucoup
d'ouvriers en France, on ne veut pas entendre parler de la fermeture de notre
entreprise. Mais les signes ont les avaient eu bien avant et à force on est
obligé de se faire une raison, de se battre, et de payer les pots cassés. Pour
moi rentrer chez Peugeot Citroën c'était comme rentrer dans l'administration.
On se dit c'est bon je suis tirée d'affaires, et au final non. Personne n'est
à l'abri à l'heure actuelle.
"

Une trahison

Le plus douloureux pour les salariés a été de se rendre
compte qu'on leur avait menti depuis des années. "Cela a été une
trahison, et le 12 juillet cela a été l'effondrement total. Pour beaucoup c'est
leur vie qui s'est effondrée parce que jusqu'au 12 juillet on leur a menti en
leur disant qu'on serait là pour eux et que ça ne fermerait pas.
"

Sur les 3.000 emplois supprimés 980 personnes sont parties
en projet pro et "sont dans la nature. On n'a aucune visue sur cela. Quand
mon patron dit que cela s'est bien passé et que cela a bien fonctionné, moi j'aimerais
bien savoir ce que sont devenus les 1.000 qui sont à l'extérieur. Les camarades
avec qui l'on correspond sont en attente d'emploi et n'en trouvent pas.
"

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