Erik Orsenna : "Il y a dix ans, j'étais une femme malienne"

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L'écrivain Erik Orsenna vient de publier chez Stock "Mali, ô Mali". Madame Bâ, un personnage qu'il a créé il y a un dizaine d'années, est de retour dans ce livre. Cette institutrice à la retraite, "si pleine d'années et de kilos", est une sorte de Jeanne d'Arc. Elle entend des voix, est complètement immodeste, mais reste très attachante.

Cette fois-ci, elle retourne au Mali après dix années passées
à Villiers-le-Bel "parce que j'avais envie d'y comprendre ce qu'il s'y
passait"
s'explique Erik Orsenna qui ajoute être allé une dizaine de
fois, lui-même, dans ce pays d'Afrique. "J'ai fait un film sur le
fleuve Niger avec Joël Calmettes
. Et pour comprendre, on a besoin de reporters
et, de temps en temps, on a besoin de fiction. Il y a dix ans, j'étais une
femme malienne et cette situation m'intéressait de nouveau."

Un des combats de Madame Bâ est celui de la
contraception. "Quand on arrive à Bamako, on est frappé par deux choses :

"Il y a deux fleuves : le fleuve Niger et celui de
la jeunesse."

J'ai connu Bamako quand il y avait un million de
personnes. Maintenant, il y en a deux millions huit et bientôt, il y en aura
six millions. Mais quelle perspective peut-on donner à cette jeunesse?"

Son deuxième combat est celui du statut de la femme. "C'est
à la fois une Jeanne d'Arc et une Institutrice".

"Mali, ô Mali" (Stock) d'Erik Orsenna, le synopsis

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Madame Bâ Marguerite se propose de vous y emmener. Cette dame, qui n'est pas
humble de nature, se prend pour une Grande Royale, une Jeanne d'Arc africaine.
Elle veut libérer son pays des djihadistes et c'est son petit-fils, ex-footballeur
devenu griot, qui raconte sa campagne mi-glorieuse, mi-désespérée.

Sur les pas de ce duo, vous rencontrerez les femmes échappées de justesse aux
horreurs de la charia. Vous découvrirez l'économie très puissante et très
illégale dont vit grassement le Sahara. Vous ferez connaissance avec des petits
capitaines, soldats d'opérettes, terrorisés par les combats. Vous tomberez sous
le charme de leurs épouses prédatrices, frénétiques de la Visa Premier. Vous
remonterez le fleuve Niger en évitant toutes sortes de périls. Vous verrez
comment et pourquoi bandits et djihadistes s'entendent comme larrons en foire.
Vous saluerez des musiciens et des tisserands, inlassables créateurs des liens
qui fabriquent un pays. Vous atteindrez juste à temps Tombouctou pour assister
à l'arrivée des Français... Surtout, vous plongerez dans la réalité du Mali, sa
vaillance, sa noblesse.

Mali, ô Mali ! Comment ne pas comprendre que ta fragilité
est la nôtre ?

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