Y a-t-il un risque de sortie du Royaume-Uni de l’UE ?

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A Davos, hier, plusieurs personnalités dont le premier ministre Manuel Valls se sont inquiétés des risques d’un "Brexit", d’une sortie du Royaume Uni de l’Union européenne. David Cameron était lui aussi à Davos. Sait-on mieux, ce que le premier ministre britannique veut réellement ?

 Non, les partenaires européens du Royaume Uni ne sont pas beaucoup plus avancés après avoir entendu hier David Cameron à Davos.  "S’il y a un deal sur la table, je le prends, et s’il n’y a pas de deal je ne suis pas pressé ". Voilà ce qu’à dit précisément Cameron sans esquisser le moindre pas concret vers un compromis. Le premier ministre britannique continue à jouer sa partie, en forme de coup de poker, alors que l’échéance se rapproche dangereusement. Rappelons qu’en principe la Grande Bretagne et l’Europe n’ont plus que quelques petites semaines pour trouver un compromis sur une réforme de l’Union, avant que David Cameron tienne la promesse qu’il a fait à ses électeurs, très euro-sceptiques, d’organiser un référendum en principe au printemps, sur l’appartenance de la Grande Bretagne dans l’Union. Et c’est cette situation de blocage, de saut dans le vide de David Cameron qui commence à singulièrement inquiéter les dirigeants européens. Manuel Valls a été le plus tranchant hier : "La sortie de la Grande Bretagne serait un drame, a dit le premier ministre, évoquant un risque mortel de "dislocation de l’Union ".

Mais y-a-t-il Vincent, des raisons économiques qui militeraient pour une sortie de la Grande Bretagne ?

On a beau chercher, on n’en voit aucune. Les raisons d’un divorce sont inexistantes. L’économie de la Grande Bretagne tourne à plein régime, son chômage est au plus bas depuis dix ans, elle a créé près 300 .000 emplois ces trois derniers mois, la Grande Bretagne profite pleinement de sa présence dans l’Union, non seulement en ayant un accès privilégié aux marchés européens, mais aussi un accès aux marchés mondiaux grâce aux accords que Bruxelles a négociés. Et il faut ajouter un incroyable paradoxe, l’union européenne telle qu’elle est aujourd’hui a été largement façonnée par les Britanniques : élargissement sans fin, grand marché unique, dilution des pouvoirs de Bruxelles, c’est en tous points la vision britannique qui a triomphé, d’autant que Londres, avec beaucoup d’habileté a su placer ses fonctionnaires dans les lieux les plus influents de la commission européenne.

Un compromis entre la Grande Bretagne et ses partenaires est-il encore possible ?

 

Peut-être, mais le temps presse et David Cameron s’est mis dans un piège dont on ne voit pas bien comment il pourrait sortir aisément. Refonder l’union européenne ne se fera pas en un jour, et certaines demandes de Cameron sont jugées inacceptables par ses partenaires et notamment par la France. Et au plan intérieur, David Cameron est sous pression d’un parti fortement eurosceptique, voire europhobe, et d’une opinion divisée à parts égales entre les In et les Out. Un compromis obtenu in extremis, serait difficilement présentable comme une rupture radicale, justifiant le maintient du pays dans l’Union. Bref, le piège se referme, l’affaire demeure totalement incertaine, et un éventuel départ de la deuxième économie de l’Union européenne lui porterait un coup terrible au moment où elle est déjà plus que mal en point.

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