Vers un élan à la mondialisation

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Les dirigeants américains et de onze pays du Pacifique se retrouvent aujourd’hui à Atlanta pour négocier un accord créant la plus grande zone mondiale de libre échange. Objectif : donner un nouvel élan à la mondialisation. Qu’est-ce que cet accord pourrait changer ?

C’est une histoire très intéressante, Fabienne, parce qu’elle raconte quelque chose de la mondialisation d’aujourd’hui. Vous savez que ces quatre dernières décennies, l’économie mondiale a été façonnée par l’explosion des échanges, le commerce mondial a ainsi été multiplié par dix, c’est considérable, il y a eu l’intégration de l’Asie, la montée en puissance des émergents, la chute du mur de Berlin, une série d’événements qui ont permis cette multiplication des échanges, nourri une très forte croissance et sorti de la pauvreté des centaines de millions de personnes. Ce mouvement a connu comme un coup d’arrêt avec la grave crise financière de 2007-2008. Le commerce mondial n’a jamais retrouvé depuis le rythme de croissance qui était le sien avant cette crise.

En parallèle, ces dernières années, les grandes négociations mondiales dans le cadre de l’OMC, l’organisation mondiale du commerce, ont échoué : pas d’accord mondial pour continuer à baisser les barrières tarifaires et favoriser les échanges, parce qu’il y a trop d’intérêts divergents de part et d’autre de la planète ; du coup, les Etats-Unis ont lancé deux grandes offensives régionales, l’une dans le Pacifique qui est une région stratégique pour eux pour contrer l’influence de la Chine, et une deuxième de l’autre côté de l’Atlantique, avec l’Europe, c’est le fameux partenariat de commerce et d’investissement, le TTIP, qui suscite tant de polémiques, en France notamment.

Dans les deux cas, dans les deux négociations, les Etats-Unis se heurtent à de grandes difficultés

Oui, on est même tout près de l’impasse totale. Pour ce qui est d’abord du Pacifique, s’ouvre donc aujourd’hui à Atlanta, une réunion qualifiée de la dernière chance entre douze pays qui génèrent à eux seuls 40% du Pib mondial. Il y a là notamment le Japon, le Canada, l’Australie, le Mexique ou la Nouvelle Zélande. Mais ces pays se déchirent sur les dossiers sensibles de l’automobile, de la pharmacie ou des produits laitiers, chacun tentant de protéger ses intérêts.

Et dans l’autre négociation, transatlantique cette fois, ce n’est pas plus simple, la France a même envisagé cette semaine l’arrêt pur et simple des négociations : les Américains refusant par exemple  l’accès à leurs marchés publics ou à leurs marchés agricoles et agroalimentaires.

Est-ce que le commerce mondial n’a pas atteint une limite ?

C’est la grande question. On voit que l’approche régionale n’est pas forcément plus facile que la grande négociation multilatérale. Il y a bien quelque chose de cassé dans la dynamique du commerce mondial. Ça ne veut pas dire que les partisans de la démondialisation ont gagné, non, mais cela signifie qu’il y a bien une rupture qui n’est plus simplement due à des facteurs conjoncturels et à la crise. Il y a bien les signes d’une fin de cycle, et d’un grand rééquilibrage, d’un retour de balancier où les coûts commencent à s’équilibrer, où chacun cultive davantage ses propres forces.

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