Une banque pour les BRICS

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Une nouvelle banque internationale a vu le jour hier : la banque de développement du groupe des BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Son objectif est d’offrir aux pays émergents un financement alternatif aux autres grandes institutions internationales existantes.

 A l’heure de la crise grecque, la naissance de cette banque prend une tonalité particulière. Il s’agit de proposer un financement alternatif à ce qui existe aujourd’hui – Fonds Monétaire International ou Banque mondiale – mais pas au sens altermondialiste protestataire comme on pourrait l’entendre. On a affaire à un vrai établissement financier.

A quoi ressemble cette banque justement ?

Elle a été fondée par les cinq membres des BRICS et elle est dotée d’une réserve de change de cent milliards de dollars (41 milliards ont été apportés par la seule Chine).

Une vraie force de frappe pour se protéger en cas de nouvelle tempête financière ou pour financer tout simplement des projets de développement.

Son siège est situé à Shangaï, la capitale économique de la Chine et son président est un ancien banquier indien qui a signé pour un premier mandat de cinq ans.

Chine, Inde… tout cela n’est pas innocent. L’Asie est en pointe dans le commerce mondial. Ces pays sont passés du statut d'émergents à pays émergés. Ce ne sont plus uniquement les ateliers du monde mais de véritables donneurs d’ordre.

Une banque tout aussi importante sur le plan économique que géopolitique

Dans BRICS, il y a la Russie. Pour Moscou, il est clair que ce nouvel établissement – dont la création a été imaginée il y a à peine un an – illustre l’émergence d’un nouveau système de relations internationales multipolaires et démontre l’influence croissante de nouveaux centres de pouvoirs.

Il faut savoir que les pays membres des BRICS représentent aujourd’hui 40% de la population mondiale et 1/5ème du PIB de la planète.

C’est un poids important face aux FMI et autres institutions dont l’image a été sérieusement écornée lors des crises financière et grecque de ces dernières années.

Face, aussi, à une réforme du FMI qui se fait attendre

C’est la question de la représentativité. Par exemple, la Chine est la deuxième économie mondiale mais ne pèse que 4% des droits de vote au FMI. Idem pour le Brésil qui est un poids lourds mais ne représente que 2 et demi% au sein du Fonds Monétaire.

L’objectif est vraiment de bousculer la gouvernance économique mondiale. Reste à savoir jusqu’où les petits pays émergents vont accepter d’être placés sous influence financière chinoise, et comment cette nouvelle banque va s’arranger avec le FMI et l’Organisation Mondiale du Commerce avec qui elle sera obligée de travailler.

C’est, de toute évidence, une étape supplémentaire vers le déplacement du leadership économique mondial vers l'Asie.

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