Un accord trouvé entre la Grèce et ses créanciers ?

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Ca bouge enfin entre la Grèce et ses créanciers : un accord se profile à Bruxelles après quatre mois de tensions extrêmes, faut-il y croire cette fois ?

 Je crois que cette fois, on peut vraiment espérer, on peut y croire, et ce pour une raison forte : depuis 48 heures, la politique a repris ses droits. Angela Merkel est exaspérée par ces interminables négociations, par cette manière qu’ont eue tous les acteurs de jouer avec le feu, avec l’avenir d’un petit pays de la zone euro au bord du gouffre. La chancelière sait l’effet dévastateur pour la zone euro de ce spectacle à suspense offert depuis des mois par Bruxelles, la Banque centrale européenne, le FMI et, il faut bien le dire, le gouvernement grec, incapables de s’entendre. Leur échec souligne chaque jour davantage la faiblesse d’une union monétaire qui ne parvient pas à régler une crise périphérique qui s’éternise et qui finit par rejaillir sur la crédibilité de l’ensemble de la zone euro.

Depuis qu’Angela Merkel a convoqué à Berlin l’ensemble des négociateurs, sans les Grecs pour tenter de remettre de l’ordre et définir une position commune et raisonnable de tous les créanciers, les choses ont bougé. On s’oriente vers un premier accord partiel. Angela Merkel, pas plus que François Hollande, ne veut d’un « Grexit » (une sortie de la Grèce de la zone euro) qui porterait un coup terrible à l’intégrité, à l’irréversibilité de la monnaie unique, un scénario que ne manqueraient pas d’exploiter tous les adversaires de l’euro.

Le gouvernement grec est-il vraiment prêt à s’engager sur des réformes ?

C’est la question, en tout cas on le pense. Oui, dit Alexis Tsipras, il le répète, pour peu qu’on le lui impose pas de manger son chapeau en acceptant de nouvelles mesures d’austérité. En fait, le premier ministre grec attendait précisément ce moment où la politique reprendrait ses droits pour arracher un compromis plus favorable et obtenir cette fameuse tranche d’aides de plus de sept milliards d’euros dont son pays a un besoin vital.

C’est un jeu très dangereux qui lui impose désormais de prendre ses responsabilités. Une fois accepté cet accord même partiel, Tsipras devra faire la preuve, avec son gouvernement, de sa capacité à changer la Grèce, son administration, son Etat, j’allais dire sa culture économique et politique en profondeur. La tâche est immense.

Ce qui surprend, c’est le peu de détails qui filtrent de cette négociation pourtant importante…

On sait qu’il est question de repousser l’âge du départ à la retraite, d’une réforme de la TVA, de nouvelles privatisations, d’une réorganisation de l’administration fiscale, mais le détail de cette négociation, les différentes options sur la table n’ont fait l’objet d’aucune discussion publique. Plusieurs parlementaires européens s’en sont émus, à juste titre, dénonçant le fait que cette négociation, si importante pour la zone euro, se mène dans leur dos et dans le dos des Grecs, sans la moindre transparence, sans que les négociateurs ne leur rende de comptes. C’est peu dire que cette affaire grecque, si elle trouve enfin une issue dans les heures à venir, restera quand même dans les annales européennes l’anti-modèle de gestion de crise.

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