Travailleurs saisonniers, un précieux état des lieux

Il y aurait en France entre 500.000 et 700.000 travailleurs saisonniers. C’est une estimation de France Stratégie, l’ex Commissariat au Plan. L’organisme rattaché à Matignon a mené l’enquête pour tenter d’y voir plus clair dans ce qui est, aujourd’hui encore, une vraie nébuleuse.

Une vraie nébuleuse, et pour cause : cette catégorie de travailleurs ne fait l’objet d’aucune évaluation statistique précise. En réalité, contrairement aux idées reçues, les salariés concernés ne sont pas seulement des lycéens ou des étudiants en quête d’un poste de plagiste, animateur ou vendangeur pour payer leurs études. Il est aussi question de travailleurs permanents qui enchaînent les petits boulots et les contrats, de la saison d’hiver à la saison d’été.

Il y a une multitude de profils de travailleurs saisonniers. France Stratégie les classe en quatre catégories : les moins de 25 ans (à majorité étudiants) ; les saisonniers dits de "complément" (qui ont un travail dans l'année et qui en ajoutent un pendant les vacances) ; les saisonniers agricoles et ceux pour qui il s'agit plutôt d'un mode de vie.

Est-ce que les chiffres de France Stratégie sont en phase avec ceux des syndicats ?

Toute la difficulté de l’exercice repose sur les différences parfois ténues entre les catégories que je viens de citer. Dans certains cas, les boulots saisonniers peuvent cacher de vrais emplois pérennes. Et comme une même personne peut exercer plusieurs contrats dans le courant de l’année, dès lors, que prendre en compte : uniquement le salarié dans son entité ou le nombre de contrats effectués ?

Selon les syndicats, quasi unanimes, entre un et deux millions de contrats saisonniers sont signés tous les ans en France. Les chiffres de France Stratégie partent de 500.000, jusqu’à 600.000 avec les vendanges, et 700.000 si on intègre les vacations réalisées dans la fonction publique territoriale.

De l’utilité d’une telle étude

Clarifier pour connaître les chiffres et les profils précis, c'est disposer d'une base nécessaire à une meilleure protection sociale. C'est un travail en amont très important. D’autant plus important quand on sait que ces emplois représentent jusqu'à 65% des projets de recrutement entre les territoires du littoral et de la montagne. L'emploi saisonnier contribue au développement de pans entiers d’écosystèmes régionaux.

Ce sont donc autant d'informations précieuses en marge de la réforme territoriale, mais aussi et surtout à l’heure de la nécessaire sécurisation des parcours professionnels inscrite dans la loi travail qui vient d'être adopté par le Parlement.

L'estimation de France Stratégies sur les travailleurs saisonniers

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