Total produira de l’électricité solaire

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Le PDG de Total, la plus grande entreprise française, vient d’annoncer une réorganisation qui fait la part belle, non plus seulement au pétrole, mais aux énergies renouvelables. Total va produire de l’électricité solaire. C’est une révolution,

Ce n’est pas encore une révolution, mais en tout cas, c'est une nette inflexion Fabienne. Qu’un géant mondial du pétrole, comme Total, décide d’affirmer un engagement volontariste dans les énergies renouvelables, solaire, biogaz, biomasse, voire éolien, c’est le signe d’une mutation, d’une amorce de mutation profonde. Cette annonce a d’abord été réservée aux cadres de l’entreprise, c’est le pdg de Total Patrick Pouyanné qui a succédé au regretté Christophe de Margerie, il y a 18 mois, qui l’a lui même expliquée à ses équipes en donnant un chiffre : les énergies renouvelables devront représenter au moins 20% des activités de Total d’ici 2035, c’est à dire moins de vingt ans. Et pour produire, apprendre à stocker et commercialiser des énergies renouvelables, Total créée une  branche, une division à part pour réaliser cet objectif. La major des hydrocarbure sera donc aussi à terme un producteur d’électricité au travers de ces technologies.

C’est un effet d’affichage ou c’est un choix stratégique assumé ? 

C’est à l’évidence un choix stratégique, même si la communication n’est bien évidemment pas anodine. Un choix stratégique pour au moins trois raisons :

1 – L’entreprise Total avait déjà fait un premier pas, à l’époque de Christophe de Margerie, en rachetant SunPower, une société pionnière de la Silicon Valley, qui est aujourd’hui l’un des spécialistes de l’énergie solaire et qui vend des solutions pour les particuliers comme pour les entreprises. Total continue d’ailleurs à repérer et à investir dans des start-up dans le monde qui développent des technologies nouvelles dans le domaine de l’énergie.

2 - L’entreprise a besoin se diversifier plus encore et de préparer son avenir : elle doit à la fois pouvoir mieux résister aux fluctuations des prix du pétrole et du gaz. On voit d’ailleurs que Total commence à souffrir de l’effondrement des cours, même si son Pdg se veut rassurant et croit que les prix vont remonter avant la fin de cette année. Il est crucial pour la stabilité du groupe d’être plus présent sur un autre domaine.

3 – Climat oblige, les énergies renouvelables sont en plein développement et Total veut être un grand acteur dans ce secteur où la bataille sera rude : EDF a annoncé il y a quelques semaines sa volonté de doubler d’ici 2025 ses activités d’énergies renouvelables. C’est maintenant qu’il faut se positionner.

Et puis, certains affirment que nous devront un jour abandonner les énergies fossiles, le coeur du métier de Total, pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique…

Et ils ont raison, Fabienne. Cela ne se fera pas en un jour, mais le temps presse. Il faut décarbonner l’économie, et donc diminuer l’usage des énergies fossiles, jusqu’à un jour s’en passer totalement. Ce serait le plus raisonnable. Et ça commence maintenant. Il faudra d’ailleurs jouer sur tout un panel d’énergies, le nucléaire, le remplacement temporaire du charbon par le gaz, mais aussi le développement de l’énergie solaire. Et là le défi est considérable, on peut rappeler que le solaire n’a représenté en 2014 que 0,15% de la production énergétique finale mondiale. Ce n’est pas beaucoup, mais ça va très vite augmenter. Et ça aussi Total et quelques autres l’ont très bien compris.