Que sait-on du budget de nos partenaires européens ?

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C’est aujourd’hui que les pays de l’Union européenne remettent leur budget à Bruxelles pour examen par la Commission. On a beaucoup parlé de la France mais que sait-on des budgets de nos partenaires ?

 

C’est aujourd’hui que les pays de l’Union européenne remettent leur budget à Bruxelles, pour examen par la Commission. On a beaucoup parlé de la France mais que sait-on des budgets de nos partenaires ? Rassurez-vous, je ne vais pas vous infliger la revue de détail des budgets des 28 pays membres de l’Union, ni même des 18 pays de l’euro. Mais regardons plutôt, ces pays qui ont été au bord du gouffre au plus fort de la crise. L’Irlande d’abord : voilà une nation qui fut sauvée de la faillite il y a quatre ans par un plan d’aide international et se vit infliger une cure terrible d’austérité par la troïka, entendez l’Union, la Banque centrale européenne et le FMI. L’Irlande a retrouvé des couleurs et présenté hier un budget qui tourne enfin le dos à l’austérité : pas de déflation ici, ni conjoncture adverse, l’ancien tigre celtique flambe à nouveau, 4,5% de croissance cette année, 3,4% en prévision pour l’an prochain, un déficit public qui va repasser largement sous la barre des 3% et surtout des baisses d’impôts et des créations d’emplois publics. L’Irlande a même annoncé hier qu’elle allait supprimer les dispositions de dumping fiscal qui lui permettait d’attirer sur son sol des multinationales, au grand dam de tous ses partenaires. L’Irlande est une exception ? Pas du tout. L’Espagne et le Portugal commencent eux aussi à être récompensés de leurs efforts et voient ainsi revenir la croissance. S’ils ne sont pas encore sorti définitivement d’affaire, ils vont déjà pouvoir desserrer la visse de l’austérité. Coup de pouce pour le traitement des fonctionnaires en Espagne, pour les retraités au Portugal, baisses d’impôts et hausse de certaines dépenses publiques dans les deux pays. Même les Grecs semblent avoir mangé leur pain noir, le pays est enfin sorti cette année de la récession et devrait afficher un rebond de croissance qui pourrait grimper jusqu’à 2,5%.  Vous voyez que tous les pays de l’Union ne sont pas dans une spirale négative, et encore je ne vous ai pas parlé de ceux qui continuent à profiter d’une croissance insolente, comme la Pologne avec un bond de 3,5% ; ou le Royaume-Uni de David Cameron dont l’activité devrait croître de près de 3%. De quoi faire rêver, en France, en Allemagne, ou en Italie. Le tableau est donc très contrasté, alors quelles en sont les conséquences économiques et politiques pour l’Europe ? J’en vois au moins trois :

1 – Une partie de l’Union va donc pouvoir lâcher du lest, desserrer enfin un peu l’étau de la rigueur : ce n’est pas seulement une bonne nouvelle pour les peuples concernés, ça l’est aussi pour l’Union : ces pays sont sur une dynamique positive, ils ont de nouvelles marges de manœuvre, et nous devrions tous en profiter, ça tombe bien, l’Europe en a grand besoin.

2 – Si l’austérité fut parfois trop brutale, aveugle et contre-productive, force est de constater que  ces pays ont bien rétabli leurs comptes, regagné de la compétitivité et assaini leur économie à la sueur de leur front.

3 – La France aurait tort d’escompter le soutien de ces pays en voie de résurrection : ils reviennent certes de loin mais n’ont aucune envie de se laisser plomber par la France, si jamais elle devait ne pas assumer sa part de réforme. Toutes les pièces du dossier seront aujourd’hui sur la table à Bruxelles, les débats vont pouvoir commencer. Chacun sait qu’ils seront vifs et difficiles pour Paris, mais en principe pas pour les autres. Vincent Giret, du journal Le Monde.

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