Pourquoi Sarkozy, Fillon et Juppé ne parlent pas d'économie

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Nicolas Sarkozy au Touquet, François Fillon à Sablé-sur-Sarthe, Alain Juppé à Chatou, les trois principaux candidats à la primaire de la droite ont bien lancé ce week-end leur campagne. Surprise, il n’est plus question d’économie.

Les questions de l’économie ont été comme passées à la trappe, zappées ce week-end par les ténors de la droite. Les thèmes de l’identité, de l’islam et de la sécurité ont semblé littéralement aspirer ce départ musclé en campagne. Même François Fillon s’en est étonné, en se demandant à voix haute, si au fond, cette primaire ne prenait pas une drôle tournure, en proposant de choisir, non pas un candidat à la présidentielle, mais une sorte de super ministre de l’Intérieur. Alors il y a au moins deux raisons à cette situation :

1 – Force est de constater d’abord que Nicolas Sarkozy a imposé le thème de l’identité et que ses rivaux n’ont pas pu y résister dans un contexte d’inquiétude nationale.

2 – En matière d’économie et de social, il n’y a pas à droite, le même schisme idéologique qui divise la gauche, par exemple entre les frondeurs et le gouvernement. La droite, elle, n’offre que peu de débats clivants sur l’économie, et les programmes des candidats à la primaire sont finalement très proches dans leur inspiration, pour l’essentiel, très libérale.   

Tous veulent diminuer l'impôt

Tous les grands candidats à droite veulent activer les mêmes leviers. Ils ont tous, par exemple, programmé une forte baisse des dépenses publiques, entre 85 et 110 milliards selon les cas. Et tous préconisent une diminution drastique du nombre de fonctionnaires, entre 250.000 pour Juppé, et jusqu’à 600 000 pour Fillon. Tous veulent diminuer les impôts, surtout pour les entreprises, abandonner les 35H et supprimer l’ISF, l’impôt de solidarité sur la fortune. Ce qui change selon les candidats, c’est le curseur, les modalités, la combinaison dans le temps de ces mêmes grands éléments.

Le débat économique va revenir au premier plan

Pour plusieurs raisons : d’abord, parce que la rentrée s’annonce tendue : plusieurs syndicats ne désarment pas contre la loi travail. Les dossiers économiques et sociaux vont donc rattraper en quelque sorte les candidats à la primaire.

En plus, si globalement les Français ne vont pas très bien, ce n’est pas seulement à cause des ravages du terrorisme, c’est aussi parce que l’économie et le social sont complètement intriqués dans le malaise que connaît le pays ; il faut d’ailleurs se souvenir que pendant la campagne de 2012, ce sont bien les préoccupations économiques et sociales qui avaient dominé les préoccupations des Français. Et depuis les inquiétudes n’ont pas diminué, bien au contraire.

Enfin, les ténors de la droite auraient tort de croire qu’il suffit d’annoncer un programme martial pour susciter l’adhésion des Français : annoncer ou décréter n’est pas réformer. Surtout en France. Force est de constater qu’il manque encore un comment, une explication, une pédagogie, une méthode claire, un partage des solutions qui laisseraient penser que les Français se prêteraient cette fois à un projet de réforme en profondeur dans un contexte à la fois de mutations profondes, de ralentissement de la croissance dans le monde, et d’une forte crise européenne.

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