Le décryptage éco. Eurostar au bord de la cessation de paiement

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Il y a urgence pour sauver Eurostar. La compagnie ferroviaire qui relie la France et l’Angleterre est au bord de la faillite et doit trouver des fonds d’ici fin juin. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Entre la pandémie et le Brexit, Eurostar a perdu 95 % de ses revenus depuis mars 2020. Et le trafic est presque au point mort : aujourd’hui, il n’y a plus qu’un aller-retour entre Paris et Londres par jour. Le 27 mai, on passera à deux. Avant la crise, Eurostar assurait 15 allers-retours quotidiens, transportait 12 000 voyageurs par jour, contre 500 clients à peine en ce moment. C’est intenable sur le long terme, surtout qu’avec le développement du télétravail, le voyage d’affaires ne va pas repartir tout de suite.

Pour essayer d’amortir le choc, Eurostar a taillé dans les coûts. Dès l’été dernier, la compagnie a renégocié sa dette avec les banquiers, et emprunté 450 millions d’euros. Elle a revu tous ses contrats avec les fournisseurs. Elle a aussi réduit les rémunérations de ses salariés, placé une partie de ses employés en chômage partiel et même licencié des directeurs. Mais aujourd’hui, elle ne voit pas ce qu’elle pourrait faire de plus. C’est pourquoi elle tire la sonnette d’alarme et se tourne vers ses actionnaires. 

La composition du capital d’Eurostar ne facilite pas les choses 

Les négociations sont en cours en ce moment pour qu’ils réinjectent de l’argent. Le problème, c’est qu’ils ont déjà mis la main au pot l’an dernier, près de 200 millions d’euros. Et la composition du capital d’Eurostar ne facilite pas les choses : la SNCF est l’actionnaire majoritaire, avec 55% du capital. Et le reste est dilué dans un consortium international, où il y a la Caisse des dépôts du Québec, la Compagnie ferroviaire belge, un fonds britannique, etc. Difficile pour tous ces acteurs de s’entendre. 

Officiellement, les gouvernements français et britannique travaillent ensemble mais en réalité, chacun se renvoie la balle. Il faut dire qu’Eurostar a un statut un peu hybride. C’est une entreprise dont le principal actionnaire est français mais dont le siège est basé en Angleterre. Au-delà de la situation économique, c’est devenu un sujet politique entre la France et le Royaume-Uni.

 

 

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