Le décryptage éco. Vers une taxe Gafa sur les géants du web au niveau mondial

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On en parle depuis des mois. Une taxe Gafa au niveau mondial, c’est-à-dire un impôt unifié sur les géant du numérique pourrait bientôt exister. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

L'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) , cette institution qui regroupe plus de 134 pays, a enfin rendu sa copie, mercredi 9 octobre. Elle propose un système pour taxer les Google, Amazon, Facebook, Apple, et même toutes ces multinationales qui ont une activité numérique importante. L’objectif est de mettre en place le même impôt pour ces sociétés, quel que soit l’endroit où elles s’installent sur la planète. Ça voudra dire la fin de la concurrence entre les États. Et c’est important de le souligner : à l’OCDE siègent à la fois les États-Unis, les Européens, mais aussi la Chine. Tous ont intérêt à se mettre d’accord sur un impôt harmonisé.

Il n’y a pas qu’en France, que ces groupes, rois de l’évasion fiscale, agacent le citoyen-contribuable. Même dans l’Amérique de Trump, les électeurs en ont marre de voir la richesse de ces géants du web leur échapper. En campagne pour un second mandat, Donald Trump présentera cette taxe comme une victoire.      

La France a déjà sa propre taxe Gafa

La France a toujours dit qu’elle s’alignerait, si un accord était trouvé avec l’OCDE. Notre taxe Gafa est toute jeune, elle ne rapporte pas grand-chose : 400 millions d’euros à peine cette année. Avec la propositon de l’OCDE, la France devrait gagner beaucoup parce que Facebook, Google et les autres payeront leurs impôts dans chaque pays où ils ont de l’activité, peu importe qu’ils aient ou pas un siège social. La France avait agacé les États-Unis, mais aussi ses partenaires européens en faisant cavalier seul. Elle y gagnera politiquement à s’aligner.

La taxe Gafa mondiale, c’est pour quand ? Tout va dépendre du G20 Finances de la semaine prochaine : les principaux ministres de l’économie se retrouvent le vendredi 18 octobre à Washington. S’ils valident cet accord technique, la taxe entrera en vigueur dès l’an prochain. Reste une inconnue et non des moindres : est-ce que ces géants du web vont se laisser faire ? De leur part, on peut s’attendre à une puissante contre-attaque, politique mais aussi juridique.           

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