Le décryptage éco. Vers la constitution d’un géant français des magasins de jouets ?

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Un des plans de reprise de Toys'R'US France prévoit de former un ensemble avec la Grande Récré. De quoi de devenir leader des magasins de jouets. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

Le tribunal d’Evry doit statuer sur l’avenir de Toys’R’Us France, lundi 8 octobre. La marque de jouets est en redressement judiciaire et on pourrait assister à la création d’un géant français du jouet. Pour les 1 200 salariés en France du groupe Toys'R'Us, tout va dépendre de qui va l’emporter.

Il y a trois repreneurs en lice, avec des offres sérieuses. Le premier, c’est Orchestra, qui a promis de reprendre 42 des 53 magasins de l’hexagone. Le deuxième, c’est Jellej Jouets et Picwic, l’association d’une société détenue à 90% par un fonds américain à l’enseigne de jouets du groupe Mulliez, qui propose de reprendre 44 magasins. La troisième offre, sur laquelle tous les yeux sont rivés, est celle de Michel Ohayon, qui envisage de créer un grand groupe de jouets français en réunissant dans un même ensemble La Grande Récré et Toys'R’Us.

L'ensemble pèserait 18% du marché

Michel Ohayon a déjà fait la moitié du chemin en ce sens. La semaine dernière, l’homme d’affaires a déjà obtenu le droit de reprendre la Grande Récré, enseigne placée, elle aussi, en redressement judiciaire. Il a promis d’injecter 30 millions d’euros pour sauver La Grande Récré. Pourtant, ce n’est pas son cœur de métier. Michel Ohayon est le fondateur de la Financière immobilière bordelaise, qui contrôle des sociétés immobilières, et qui gère plus de deux milliards d’actifs. Une de ses dernières acquisitions est l’achat de 22 Galeries Lafayette en province, dans lesquelles d’ailleurs il veut créer des "corners" de ventes de jouets. 

Si Michel Ohayon prend le contrôle de La Grande Récré et des magasins français de Toys'R'Us, il deviendra l'un des leaders du jouet en France avec 18% de parts de marché et près de 2 000 salariés au total.

Un secteur en pleine recomposition

Le jouet est donc toujours un marché porteur, même si les ventes diminuent, parce qu’il y a un peu moins de natalité en France mais aussi parce qu’il y a une vraie concurrence du numérique, des tablettes, des jeux en lignes. Le marché du jouet a encore un joli potentiel. En France, le secteur pèse 3,5 milliards d'euros. C’est le deuxième marché européen, derrière le Royaume-Uni.

Normalement il y aura bien des jouets à Noël, car quelle que soit l’offre retenue, Toy’s'R'Us et La Grande Récré devraient continuer d’exister. Noël prochain sera quand même un vrai test, car le secteur est bouleversé par l’offensive des sites de commerce en ligne. C’est là que se fait la progression du marché.

Aux Etats-Unis, la semaine dernière, Walmart, le géant de la distribution, a annoncé qu’il allait augmenter de 40% la sélection de jouets qu'il propose sur son site de ventes en ligne. Il y a Amazon, très présent, qui veut s’installer encore un peu plus sur ce segment. Selon One Click Retail, un cabinet d’analyse américain, Amazon aurait engrangé plus de 4,5 milliards de dollars de revenus en jouets l'an dernier, une hausse de 12% en un an !

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