Le décryptage éco. Vers de nouvelles mesures pour calmer la fronde des restaurateurs ?

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Une mesure annoncée par Jean Castex : l'exonération de charges s’appliquera sous certaines conditions, aux cafés et restaurants tenus d’arrêter leurs activités à 22 heures. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Pour calmer la colère des professionnels des bars et des restaurateurs, Jean Castex a annoncé, sur France 2, des aides supplémentaires. Mais il s’agit plutôt d’aménagements de dispositifs existants plutôt que de nouvelles mesures.

Rien vraiment de nouveau. Par exemple, sur le chômage partiel, Jean Castex promet de faire en sorte qu’il ne coûte rien aux restaurateurs et cafetiers tenus de baisser rideau. Or, c’est déjà le cas jusqu’à fin octobre : un reste à charge de 15% pour ces employeurs doit se mettre en place après, en novembre. Matignon envisage de décaler sa mise en vigueur à janvier 2021 soit une petite prolongation de quelques mois. L’autre mesure évoquée par le Premier ministre est la suppression des charges sociales pendant la période où ces entreprises sont forcées de fermer, comme cela avait déjà été le cas en mars, en avril et en mai. La petite nouveauté, c’est que cette exonération de charges s’appliquera cette fois, sous certaines conditions, aux cafés et restaurants tenus d’arrêter leurs activités à 22 heures.

Rien de spécifique concernant les loyers

Le gouvernement ne peut pas intervenir dans des contrats privés, il n’a pas de prise. Mais en promettant de renforcer les aides que ces entreprises peuvent toucher via le Fonds de solidarité, il veut les aider à "couvrir leurs frais fixes", dont le paiement des loyers ou des crédits. Aujourd'hui, grâce à ce fonds, une petite entreprise peut recevoir un chèque de 1 500 euros par mois et un complément est possible, sous la forme d’un bonus versé par la région, une seule fois, pouvant aller dans certains cas jusqu'à 10 000 euros. Selon nos informations, Bercy travaille sur un système d’aides plus simple, centralisé et totalement pris en charge par l’Etat qui pourra toujours aller jusqu’à 10 000 euros, mais qui serait mensuel, ce qui serait donc plus généreux.  

Alain Griset, le ministre des petites et moyennes entreprises, va rencontrer les restaurateurs marseillais vendredi 25 septembre. Il lui faudra beaucoup de diplomatie pour calmer la fronde. Pas sûr que ces dispositifs apaisent les cafetiers et restaurateurs car ils restent choqués par la méthode du gouvernement, qui ne les a pas concertés en amont. Ils craignent, malgré les promesses de Matignon, de mettre la clef sous la porte.

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