Le décryptage éco. Veolia-Suez : l'État tente de calmer le jeu

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La guerre Veolia-Suez-Engie continue de plus belle. À tel point que le ministre de l'Économie Bruno Le Maire est monté au créneau. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Le feuilleton continue entre Veolia et Suez, alors que le premier veut absorber le deuxième en rachetant des actions à Engie. Ce week-end, Suez a dit dans un communiqué qu'il restait opposé à ce projet de fusion. 

C'en est trop pour le ministre de l'Économie Bruno Le Maire qui s'agace et tente de siffler la fin de la récréation. Pas question de laisser l’image du capitalisme français s’abîmer ainsi, alors que ces deux groupes français spécialisés dans la gestion de l’eau et des déchets se livrent une bataille sans merci depuis près de deux mois. L’État, qui a son mot à dire puisqu’il est actionnaire d’Engie, demande solennellement aux dirigeants de Veolia, de Suez mais aussi d’Engie, de se remettre autour de la table pour trouver un compromis, un accord amiable, une sorte de paix des braves.

Engie se prononce lundi soir sur l'offre de Veolia

Quel pourrait être l'accord ? Pour Bruno Le Maire, un rapprochement entre Veolia et Suez aurait du sens au niveau industriel, ça permettrait de gagner du poids et de mieux faire face aux concurrents chinois. Mais en même temps, le gouvernement veut éviter le démantèlement total de Suez. C’est pour ça qu’il préconise un schéma où Veolia serait un super champion mondial, à la conquête de marchés internationaux, et où Suez aurait une place plus recentrée sur le marché français, à l’attention des collectivités locales.

Le gouvernement cherche à jouer sur la complémentarité des deux groupes. Dans ce dispositif préconisé par Bercy, l’État cherche surtout à préserver l’emploi et éviter qu’avec une fusion totale, il y ait trop de casse sociale, et des milliers d’emplois détruits. Mais pas sûr du tout que les deux parties acceptent.  

On sera fixé dans quelques heures, puisque le conseil d'administration d’Engie se réunit ce lundi 05 octobre. Va-t-il vendre à Veolia les 29,9% de parts qu’il possède dans Suez ? Ou bien refuser de lui céder ses parts, contre l’avis de l’État, plutôt favorable à cette vente ? Rappelons que l’offre de Veolia est intéressante pour Engie : elle doit lui rapporter près de 3,5 milliards d’euros. Mais, quelque soit la décision d’Engie, le bras de fer entre Veolia et Suez semble loin d’être terminé.

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