Le décryptage éco. Une garantie de ressources, une première étape avant un revenu universel ?

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Le gouvernement a promis une garantie de ressources de 900 euros par mois pour les travailleurs précaires. Peut-on parler de prémisses d'un revenu universel ? Le décryptage de Fanny Guinochet.

Le Premier ministre a annoncé jeudi une aide pour les travailleurs précaires, saisonniers, intermittents ou extras, qui "travaillaient beaucoup" l'an dernier, avec une "garantie de ressources de 900 euros par mois", jusqu'en février 2021. Il s'agit d'une "une garantie de ressources", qui peut ressembler à une ébauche de revenu universel. Ce n'est pas une prime exceptionnelle, même si elle sera ponctuelle, jusqu'en février prochain. Ni un revenu de solidarité, comme le RSA, ni même une allocation chômage traditionnelle, alors même qu’elle sera versée par Pôle emploi.

À la différence d’une indemnité chômage classique, le montant est fixe, 900 euros, décorrélé du salaire d’avant. Le gouvernement conditionne cette prestation au fait d’avoir travaillé l'an dernier à hauteur de 60% .Elle est donc forcément liée à de l’activité, et ce point est crucial pour le gouvernement. Pas question de distribuer de l’argent sans l'associer à une formation, un travail, un contrat d’insertion. C'est d'ailleurs la grande différence avec le revenu universel que proposait Benoît Hamon, candidat socialiste à la présidentielle en 2017, sorte de revenu d’existence, que l’individu pourrait toucher peu importe son statut.

L’Assemblée nationale ouvre le débat sur revenu minimum universel

C'est une coïncidence de calendrier, mais l’Assemblée nationale s’est prononcée jeudi 26 novembre pour l’ouverture d’une discussion nationale et citoyenne sur la garantie pour tous d'un revenu plancher. Les députés proposent de réfléchir à un mécanisme auquel tout le monde aurait droit, dont le montant serait au moins égal au RSA actuel, c’est-à-dire 564 euros pour une personne seule. Portée par Agir, groupe allié de la majorité, cette résolution a été adoptée avec 106 voix pour et 11 contre.

Comment financer un revenu universel ? Pour les députés de droite, un revenu universel revient à créer "une prime à la paresse", qui, en plus, plomberait les comptes, déjà dans le rouge à cause de la crise. Pour le financer, le groupe Agir évoque, lui, la création d’un impôt sur le revenu étendu à tous. Et la refonte de l’ensemble des aides sociales existantes, dont beaucoup, sont, selon eux, "à bout de souffle". Ce serait un vaste chantier de rénovation de notre protection sociale. Pour l’instant, il s’agit juste d’ouvrir le débat, mais ça préfigure, à coup sûr, les discussions pour la présidentielle de 2022. On n’a pas fini d’entendre parler du revenu universel.

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