Le décryptage éco. Toujours le trou d'air pour les aéroports

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La France repart mais les aéroports, eux, ne redécollent toujours pas. Les hommes d’affaires ne voyagent plus, les touristes restent chez eux et le secteur broie du noir. Le décryptage éco de Fanny Guinochet.

C’est la chute libre. Dans les aéroports de Paris-Orly et Roissy-Charles de Gaulle en région parisienne la baisse de la fréquentation atteint 77% par rapport à l’année dernière. À Bordeaux, celle-ci est de presque 80 % et de 73% à Marseille. Ce n'est pas mieux pour l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry. Nice, de son côté, s’en sort un peu mieux avec une baisse de plus de 50% mais il n'y aura pas d’ouverture du terminal 1 avant le mois de mars 2021.

Une réduction du nombre de postes

Tous les aéroports s’adaptent à cette perte de voyageurs en réduisant le nombre de vols et de rotations. Les Aéroports de Paris ont perdu 2,5 milliards d’euros depuis la crise et envisagent de supprimer 700 postes, ce qui représente 10% des salariés. Idem pour les Aéroports de Lyon : un accord a été signé cet été avec des syndicats, la CFDT et la CFE-CGC. Cet accord prévoit la suppression d’un emploi sur dix. Une quarantaine de personnes, sur les 400 employés d'Aéroports de Lyon vont être au chômage.

Les syndicats craignent que cela ne soit que le début, puisque la reprise est poussive et que l'épidemie de coronavirus sévit toujours. Jusqu’à Noël prochain, les prévisions de réservations de la part des touristes étrangers, notamment ceux venus d’Asie ou des Etats-Unis, restent très négatives. C’est un peu mieux pour la clientèle européenne mais il va falloir des années pour retrouver le niveau d’avant crise. Les professionnels du secteur ne prévoient pas de retour du trafic à la normale avant, au mieux, 2024.

L’Etat ne prévoit pas de plan d’aide spécifique pour les aéroports

Alors que le gouvernement a déjà annoncé des plans pour Air France, les constructeurs d’avions, ou pour l’aéronautique, il n'envisage pas pour le moment d'aides spécifiques pour les aéroports. Pourtant, c’est toute une économie qui souffre, car il y a un effet domino : les restaurants, boutiques, commerces présents dans les aéroports trinquent. Par exemple, à Toulouse, la zone aéroportuaire autour de l’aéroport représente 9 000 emplois indirects. À l’aéroport de Beauvais, plateforme de nombreuses compagnies à bas coûts, les boutiques enregistrent jusqu’à 70% de pertes. La situation est la même pour les loueurs de parkings qui font grise mine. Les hôtels alentours ne sont pas remplis.

Comme toutes les sociétés, ces commerces ont accès aux mesures d’aide : le chômage partiel, les prêts garantis par l’Etat. Mais malgré cela il va y avoir de la casse.

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