Le décryptage éco. SNCF : autopsie d'un malaise

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Situation sociale de plus en plus tendue à la SNCF, les raisons du malaise. Le décryptage de Fanny Guinochet  ("L'Opinion").

Un TGV sur trois seulement circule mardi 29 octobre sur l'axe Atlantique à cause d’une grève dans un centre de maintenance qui dure. La semaine dernière, c’était des débrayages un peu partout sur le réseau suite à un droit de retrait. Pourquoi ça se tend autant ?

À la SNCF, les braises sont déjà nombreuses et ce pourrait bien être l’embrasement, pour plusieurs raisons. D’abord, le contexte : dans quelques jours, l’entreprise va changer de patron. Après 25 ans à la SNCF, Guillaume Pépy va passer le flambeau à Jean-Pierre Farandou. Autant dire, un changement d’époque et ces mouvements sociaux sont autant de comités d’accueils pour le nouvel arrivant, histoire de lui montrer qu’il devra composer avec les syndicats. Et puis, le 1er janvier, la SNCF va prendre un virage à 360 degrés : l’entreprise publique va devenir une société anonyme. Exit la garantie de l’État, exit le statut de cheminot, et tout ce que ça comporte en termes de droits acquis. Place à de nouvelles règles sociales, dont on se doute qu’elles seront moins avantageuses. Les syndicats, qui ne voulaient pas de ce changement, ont une revanche à prendre, après la grève perlée de l’année dernière.

La réforme des retraites parmi les préoccupations des cheminots

Emmanuel Macron veut supprimer les régimes spéciaux et pour les cheminots, qui peuvent partir aujourd’hui bien avant 62 ans, il est hors de question d’abandonner cet avantage. D’où ce bras de fer qu’ils installent avec le gouvernement. Jeudi 31 octobre, Jean-Baptiste Djebarri, le secrétaire d’État aux transports doit les recevoir mais, la CGT-cheminots, qui reste le premier syndicat à la SNCF, a d’ores et déjà annoncé qu’elle n’irait pas pour mettre encore un peu la pression à l’exécutif.

Aujourd’hui, Philippe Martinez, le leader de la CGT a accepté l’invitation du haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye. Une rencontre qui ne peut pas calmer le jeu, parce que Philippe Martinez a tout intérêt à se montrer inflexible avant la grande journée d’action du 5 décembre : une grève illimitée prévue à la SNCF, mais aussi à la RATP et dans plusieurs secteurs de la fonction publique. Actuellement, le cégétiste chauffe ses troupes contre Emmanuel Macron, il prépare l’affrontement. Un Emmanuel Macron qui promet certes : "D’aller jusqu’au bout de sa réforme malgré les blocages", mais qui ne semble pas totalement fermé, quand même, à discuter du moment de la fin des régimes spéciaux. La date est capitale. Ce n’est pas la même chose d’arrêter les régimes spéciaux en 2025 qu’en 2030 ou 2040.

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