Le décryptage éco. Retraites, SNCF, assurance chômage : ces dossiers au programme du congrès de la CFDT à Rennes

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Le congrès de la CFDT s’ouvre lundi à Rennes. Avec, au menu des discussions, les grands dossiers pour lesquels la centrale syndicale entend bien peser face au gouvernement.

Face à un gouvernement qui laisse peu de place aux syndicats, la CFDT, qui voit s’ouvrir son congrès lundi 4 juin à Rennes, espère quand même peser sur les dossiers… Le plus brûlant est certainement celui de la SNCF. La CFDT suit le mouvement de grève avec les autres syndicats pour combattre la réforme du gouvernement, mais elle pourrait bien en sortir prochainement. Le travail de lobbying qu’elle mène auprès des parlementaires porte ses fruits et ces derniers ont repris plusieurs amendements qui donnent des garanties aux cheminots. C’est le cas, par exemple du droit de retour pour ceux qui seront transférés dans les entreprises concurrentes et qui voudraient revenir à la SNCF s’il y a un poste vacant, ou si l’entreprise fait faillite.

Le sujet sensible des retraites

Sur la retraite aussi, la centrale espère être entendue : le sujet, pour elle, est sensible. En 2003, on se souvient qu’elle avait soutenu la réforme du gouvernement, ce qui lui avait valu perdre des centaines d’adhérents, furieux. Pour le moment, Laurent Berger le numéro un de la CFDT est élogieux sur le travail que mène Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire aux retraites. C’est aussi parce que la CFDT a souvent milité pour l’adoption d’un régime par points, et c’est ce que promet de faire le gouvernement dans sa réforme. Il y a quand même un point de vigilance pour la CFDT, c’est le dispositif des carrières longues, qu’elle a porté et qui permet à ceux qui ont commencé de travailler tôt de partir avant l’âge légal, avant 62 ans. La CFDT veut qu’il soit maintenu.

Pas question de toucher à l’ASS

Sur l’assurance chômage, le syndicat multiplie les mises en garde. La réforme Macron est déjà passée, mais il reste les décrets, sur lesquels la CFDT veut influer. Sur l’assurance chômage, Laurent Berger ne décolère pas et menace même de quitter le régime si les partenaires sociaux sont mis dans la position de simples exécutants des décisions gouvernementales. Le syndicaliste a aussi prévenu : pas question de toucher à certains dispositifs comme l’ASS, l’allocation spécifique de solidarité attribuée aux chômeurs à la fin de leurs allocations chômage. Globalement, Laurent Berger ne se prive pas de dire haut et fort que la politique sociale du gouvernement n’est pas assez orientée vers les plus fragiles et attend d’ailleurs au tournant le gouvernement sur la pauvreté, lequel doit présenter un plan dans quelques semaines.

Contestation vs négociation

Mais, quels moyens de pression a la CFDT ? C’est tout le problème, et il sera largement débattu par les adhérents lors du congrès. Ce n’est pas simple pour le syndicat réformiste : il était l’interlocuteur privilégié de François Hollande, et là, avec Emmanuel Macron, il est relégué au même rang que les autres, avec un gouvernement qui n’est pas enclin à écouter les corps intermédiaires. La CFDT n’est pas une adepte des manifestations comme la CGT. Elle ne pratique pas non plus la politique de la chaise vide : entre contestation et négociation, la voie est ténue. Pour Laurent Berger, il y a quand même toujours un intérêt à dialoguer car on obtient toujours des victoires, aussi minimes soient elles !

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