Le décryptage éco. Renault : ce qui attend Luca de Meo, nouveau directeur de Renault

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Renault a officialisé le choix de Luca de Meo pour le diriger. À charge pour ce patron de redonner du souffle au groupe et de sauver l'Alliance avec Nissan et Mitsubishi. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

Luca de Meo deviendra officiellement le prochain directeur général de Renault, en juillet. Après l’arrestation de Carlos Goshn, ce dirigeant italien va avoir la lourde tache de relancer le constructeur automobile français. Un sacré défi : Luca de Meo prend les rênes d’une entreprise ébranlée par le départ de Carlos Goshn, engluée depuis plus d’un an dans cette affaire hors normes…

Le groupe a été aussi très secoué par le départ, ces derniers mois, de plusieurs hauts cadres, dont l’éviction de Thierry Bolloré en octobre dernier. Tout ça dans un contexte économique difficile, les ventes de la marque au losange se sont beaucoup dégradées. Et Renault est au plus mal en Bourse : l'action a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis l'arrestation de Ghosn, le groupe a perdu la confiance des investisseurs.

Un nouveau souffle pour l'Alliance

Luca de Meo a plusieurs atouts dans sa manche. Cet homem de 52 ans a pour lui d’avoir effectué toute sa carrière dans l'automobile : c’est chez Renault d’ailleurs qu’il débute, avant de passer par Toyota, Fiat, Volkswagen, Audi. Il était jusqu'ici le patron de Seat, filiale du groupe Volkswagen qu’il a brillamment redressée. On le présente comme un as du marketing qui parle cinq langues. Bref, il semble taillé pour le poste, il semble être l’homme de la situation.

Il est aussi très attendu pour donner un nouveau souffle à l’alliance avec Nissan et Mitsubishi. Cette partie est cruciale, stratégique même. Parce qu’avec le départ de Goshn, l’alliance avec les Japonais a été malmenée, la confiance abimée; Souvenez vous du sentiment de trahison, des rumeurs de divorce qui avaient circulé. Avec Nissan, Luca de Meo va devoir recoller les morceaux, reconstruire le partenariat.

Mardi 28 janvier, quand Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, a commenté sa nomination, il a bien insisté sur le fait que cette arrivée allait relancer l'Alliance "dans une logique conquérante". Ce qui veut dire mettre en route de nouveaux projets de coopération industrielle pour regagner des parts de marchés.

Pour l’instant, on n’a pas de détails sur ces projets, mais les dirigeants de l'Alliance se réunissent jeudi au siège du constructeur japonais, à Yokohama. Et on attend des annonces autour d’une plus forte collaboration en matière de véhicules électriques, de voitures connectées. Car soyons clairs, ni Renault, ni Nissan, n'ont les moyens aujourd’hui, de financer seuls une nouvelle gamme électrique. Il va donc falloir qu’ils recollent très vite les morceaux. On dit que Luca de Meo a des talents de diplomate. ça tombe bien, il va surement devoir les déployer.                    

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