Le décryptage éco. Réforme des retraites : le gouvernement veut encourager les départs au-delà de 62 ans

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La concertation sur les retraites entre le gouvernement et les partenaires sociaux a repris lundi 21 janvier. Et la question de l’âge de départ à la retraite revient dans le débat.

Les séances de concertation sur la réforme des retraites ont repris et le gouvernement veut faire en sorte de maintenir l’âge actuel minimal en vigueur en France, c’est-à-dire 62 ans. Dans le nouveau système "universel" à points, la grande réforme des retraites que prépare Emmanuel Macron, il ne doit pas y avoir a priori d’âge de départ obligatoire, ni d’ailleurs de durée minimale de cotisations, comme aujourd’hui, c’est à dire avoir un nombre de trimestres minimum cotisés. Dans le nouveau système, tout sera unifié, que vous soyez salarié du privé ou fonctionnaire, et chacun devrait acquérir des points, qui seront convertis en euros.

Il n’empêche : le gouvernement réfléchit quand même à comment faire pour que les gens continuent de travailler après 62 ans et même au-delà. Pour cela, il veut mettre en place un système de surcote : les Français qui retarderont leur départ à la retraite auront une bonification. Ils pourraient bénéficier d'un "coefficient majorant" sur leur pension, de 3% à 5% pour chaque année supplémentaire travaillée. En clair, ils toucheront des pensions plus élevées s’ils restent jusqu’à 63 ou 64 ans. Par exemple, un salarié qui doit toucher 1 500 euros de pension à 62 ans aura entre 1 545 euros et 1 575 euros s’il reste jusqu’à 63 ans.

La question de l’âge est importante. Elle conditionne l’équilibre financier du système. Derrière, il y a la question du maintien du niveau des pensions. Le gouvernement veut éviter qu’à l’avenir les gens ne choisissent tous de partir trop tôt, il assure qu’"un départ trop précoce  entraînerait une paupérisation des seniors". Le risque, si tout le monde part plus tôt, serait alors qu’on ne puisse plus continuer à pouvoir payer au même niveau les pensions des 16 millions de Francais. Il y a aussi un risque d’un effet de report sur les minima de pensions et sur le minimum vieillesse. On l’a vu récemment avec la hausse de la CSG, la question du niveau des pensions est très sensible en France.

Une surcote, mais pas de décote

En jeu, c’est le maintien financer du système. Il ne faut pas oublier que les retraites sont le premier poste de dépenses de l’Etat. Sur 1 000 euros que dépense l’Etat, cela représente 268 euros. Il ne ne faut pas oublier non plus que l’espérance de vie devrait continuer à augmenter. Selon l'OCDE, la France est l'un des pays d'Europe où on vit le plus longtemps. En moyenne, les Français passent environ 25 ans à la retraite, soit à peu près un tiers de leur existence. Si on passe plus de temps encore, il faudra payer plus.

Le gouvernement s’inspire des retraites complémentaires. Il a d’autant plus de facilité à travailler cette piste de la surcote que c’est qu’ont fait en 2015 le patronat et les syndicats eux-mêmes dans le cadre des retraites Agirc et Arrco, les régimes de retraite complémentaire du secteur privé. Ils ont mis en place des "coefficients majorants", et ont instauré cette sorte de bonus-malus lié à l'âge de départ. Le gouvernement, pour ne pas braquer les Français, en resterait à une surcote et n’envisage pas d’instaurer une décote mais, il pousse clairement une porte entrouverte par les partenaires sociaux eux-mêmes. En espère ainsi que la pilule passera sans trop de difficulté.

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