Le décryptage éco. Réforme des retraites : après les blocages dans les transports, les coupures de courant

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Dans le conflit sur les retraites, les coupures de courant sauvages réapparaissent. On n'avait pas vu ca depuis 15 ans. Le décryptage éco de Fanny Guinochet, de l’hebdomadaire "L'Express".

On n'avait pas vu les coupures de courant depuis 15 ans, c'est l'un des modes d’action utilisés par les grévistes qui rejettent la réforme des retraites. Mais supprimer l'électricité est parfaitement illégal, mais cela n’a pas empêché plus de 160 000 foyers d’être privés d'électricité cette semaine, notamment le mardi 17 décembre. La branche énergie de la CGT a coupé le courant dans plusieurs villes comme à Lyon, à Nantes, à Orléans, ou même dans la région de Bordeaux. Et selon RTE, le réseau de transport d’électricité, ces arrêts ont duré entre quelques minutes et 1h30.

La CGT, qui a porté atteinte à ces postes électriques à haute tension, ne s’en cache pas : c’est un moyen d’action comme un autre, une façon de peser sur l’économie et de faire pression sur le gouvernement. Le syndicat se défend toutefois de cibler les usagers. Interrogé sur le sujet, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, explique d’ailleurs que ce sont les grands magasins de distribution, les bâtiments publics comme les préfectures, qui sont visés, mais pas les citoyens. En réalité, les particuliers sont touchés aussi, parce que le réseau est maillé.  

À quoi s’exposent ceux qui coupent l’électricité ? 

À une amende pouvant aller jusqu'à 1 500 euros, et même 3 000 euros pour les récidivistes. Le procureur de la République peut ensuite décider d'y ajouter d'autres motifs, et ces actes peuvent alors passer sous le coup d'une sanction pénale. Enedis et RTE, les deux entreprises concernées, ont condamné des "actes de malveillance" , et annoncé qu’elles déposaient plainte systématiquement à chaque acte de coupure. Les entreprises se réservent d’ailleurs aussi le droit de prendre des sanctions disciplinaires en interne contre les employés impliqués. Quant à la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, elle a aussi condamné "très fermement" ces malveillances.

D’autres coupures d'électricité dans les jours à venir ?

Il y a des risques de coupures parce que la branche énergie de la CGT est très mobilisée dans le mouvement. Cela témoigne d’une forme de radicalisation du conflit alors que ces dernières années, ce mode d’action avait plutôt disparu de la panoplie syndicale. On se souvient de quelques coupures lors des mobilisations contre la loi Travail mais elles avaient ciblé la résidence secondaire de Pierre Gattaz, le président du Medef de l’époque. Ces coupures sont quand même impopulaires, du coup la CGT réfléchit à d’autres voies. Notamment, remettre l’électricité à ceux qui en sont privés à la suite des impayés, ou même basculer en heures creuses les usagers pour que l'électricité soit moins chère pour eux.                     

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