Le décryptage éco. Réforme de la fonction publique : la répartition des emplois publics ne correspond pas aux besoins réels de la population

L’Opinion dévoile mercredi 14 mars une étude qui pose la question de la répartition des fonctionnaires selon les territoires.

L’étude réalisée par le site Fipeco, spécialisé sur les politiques publiques, crée par François Ecalle, un ancien magistrat de la Cour des comptes, et dévoilée mercredi 14 mars, pourrait donner du grain à moudre au gouvernement. Elle montre notamment que la répartition des emplois publics ne correspond pas aux besoins réels de la population. En France, le rapport entre le nombre de fonctionnaires et le nombre d’habitants est grosso modo de 75 agents publics pour 1 000 habitants. Nous sommes dans la moyenne haute des pays de l’OCDE.

Pour autant, ce ratio est très différent d’une région à l’autre : ainsi est-il très élevé en Outre-mer, où l’on compte 85 agents pour 1 000 habitants. Ou même en Île-de-France, avec 82 agents pour 1 000, du fait de la concentration des administrations dans la capitale. Mais ce ratio est nettement plus faible en Pays-de-Loire où l’on ne compte que 63 agents pour 1 000, ou encore dans l’Est de la France.

Tout dépend des fonctions publiques

Il faut cependant regarder ces chiffres en considérant les différentes fonctions publiques : si l’on écarte Paris, pour les fonctionnaires d’Etat, l’étude montre qu’il y a 25% d’écart entre Paca, la région la mieux pourvue, et les Pays-de-Loire, qui en a le moins. Si on regarde la fonction hospitalière, l’écart est de 75% entre la région la plus pourvue, qui est la Bourgogne-Franche-Comté et la région la moins pourvue, La Réunion. On ne compte pourtant pas plus de malades en Bourgogne qu’à la Réunion. Ce qui pose des problèmes d’égalité devant les services publics et renforce ici et là, le sentiment de déclassement de la population.

Ces disparités tiennent à des facteurs historiques

C’est historique : souvent les embauches de fonctionnaires sont venues compenser les manques de l’emploi privé. C’est très net dans les régions d’Outre-mer où le chômage est très élevé : on compte 28% de fonctionnaires parmi les actifs, contre 19% en moyenne en métropole. La Guyane détient le record : 40% des actifs sont des fonctionnaires. C’est aussi, disons-le, le résultat d’une forme de clientélisme des élus qui ont parfois massivement embauché, pour acheter la paix sociale. Le gouvernement compte rectifier le tir en jouant sur la mobilité géographique, très faible en France. C’est vrai aussi pour le privé, notamment à cause des questions de logement. Dans la fonction publique, le gouvernement veut l’encourager, par des primes pour les postes dans les zones isolées ou difficiles. Au sein des bassins d’emplois, il veut créer des plates-formes numériques, avec des bourses à l’emploi communes aux trois fonctions publiques. Il prévoit aussi d’investir un milliard et demi d’euros sur le quinquennat dans la formation des agents, soit 300 millions par an. Et pour ceux qui ne voudront pas bouger, le gouvernement a prévu un plan de départs volontaires.

Le chiffre du jour

38 millions d’abonnés payants : c’est ce que revendique la plateforme de streaming musical Apple. Apple est encore loin des 71 millions d’abonnés Spotify, le leader du marché, mais la marque à la pomme dit gagner des clients chaque mois. Et vise même de dépasser Spotify dès cet été, grâce à son enceinte connectée qui intègre son activité musicale. Mais aussi au soutien de sa maison mère : Apple music est disponible sur tous les appareils Apple).

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