Le décryptage éco. Qui sont les gagnants et les perdants des mesures Macron ?

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L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), a passé au crible les réformes Macron et notamment les 10 milliards d’euros de mesures adoptées au mois de décembre pour calmer la colère des "gilets jaunes". Le décryptage éco de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

Qui bénéficiera des mesures adoptées pour calmer la crise ? L’OFCE estime que les ménages vont gagner en moyenne 440 euros de pouvoir d’achat cette année. Ceux qui vont majoritairement en profiter, ce sont les salariés de la classe moyenne. Pour eux, la taxe d’habitation est supprimée, tout comme les cotisations salariales chômage et maladie, et ils peuvent aussi espérer faire des heures supplémentaires défiscalisées ainsi qu'avoir une prime exceptionnelle. L’OFCE a calculé que pour cette catégorie de français qui travaille, ils peuvent espérer voir leur pouvoir d'achatr progresser de 700 euros de plus en 2019. Les plus modestes devraient aussi y voir leur revenu s’améliorer, notamment ceux qui bénéficient de la prime d’activité qui a été revalorisée de 90 euros par mois.  

L’OFCE évoque près de 6,5 millions de ménages qui vont être mis à contribution, qui seront donc perdants. Et pour la moitié d'entre eux, ce sont des retraités aisés. Ils peuvent perdre jusqu’à presque 300 euros par an parce qu’ils paient la hausse de la CSG et que leurs pensions de retraites sont sous indexées. Mais, on trouve aussi des perdants du côté des foyers plus pauvres, notamment ceux qui ne travaillent pas et dépendent des prestations sociales versées par l’État Ils peuvent par exemple pâtir du nouveau calcul des allocations logement, les APL, mais aussi du quasi-gel de certaines prestations.   

Des effets positifs sur la croissance  

L'impact va être positif sur la croissance, ce sont 11,7 milliards exactement qui sont injectés dans l’économie entre 2018 et 2019.

Rien que les "mesures gilets jaunes" de décembre, qui représentent 10 milliards d’euros à elles seules, devraient nous faire gagner cette année 0,3 point de PIB, de produit intérieur brut, c’est à dire de richesse produite. Ce qui fait grosse modo plus de sept milliards d’euros d’activité en plus. Mais l’OFCE reste quand même assez prudent, parce tout dépend aussi de ce que les Français vont faire de cet argent en plus.

Consommation ou épargne ? 

Pas sûr que les Français qui n’ont pas un moral au plus haut dépensent à tout crin. Il n’y a qu’à voir les soldes en ce moment, les commerçants se plaignent qu’elles sont mauvaises. Certes, Les Français les plus pauvres, qui n’ont pas de marge dans leur budget, vont dépenser cet argent pour boucler les fins de mois, mais pour les autres, ils pourraient être tentés de garnir leur livret A, même si le rendement est faible, ou mettre cet argent sur leur assurance vie pour faire face à un avenir qui leur semble incertain. En 2018, rappelons que les Français ont été plus "fourmi" que "cigale": le taux d’épargne a atteint au troisième trimestre presque 16% du revenu disponible brut.

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