Le décryptage éco. Quel risque pour l'économie en cas de reconfinement ?

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Ce deuxième confinement, s'il est confirmé, sera différent de celui que l’on a vécu en mars, mais n’y a-t-il pas un risque de couler l’économie ? Le décryptage de Fanny Guinochet.

Le risque de mettre cette fois l'économie par terre est dans toutes les têtes. Il y a quelques jours , Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, prévenait : "Si on reconfine, on assistera à l’effondrement de l’économie."

Son homologue pour les petites et moyennes entreprises, François Asselin, parlait "d’écroulement." Tous craignent de voir les entreprises déjà fragilisées, endettées par des mois de crise, mettre, cette fois, la clef sous la porte surtout que cette période avant Noël est essentielle pour de nombreux secteurs de notre économie, notamment les services. C’est normalement une période de forte consommation   C’est donc pour limiter la casse qu'a priori, les modalités de ce reconfinement seront différentes. Le gouvernement veut tout faire pour maintenir l’activité. La première chose, c'est de laisser les écoles ouvertes pour éviter les problèmes de garde d'enfants, et permettre aux salariés et aux indépendants de travailler. Il devrait y avoir une liste des commerces qui pourront rester ouverts avec des dérogations plus nombreuses qu’au printemps. L’objectif c’est bien d’éviter d’avoir une économie totalement à l’arrêt, comme on a connu en mars/avril.  

Le développement du télétravail doit être poussé au maximum

Le télétravail doit être massivement mis en place même s’il ne sera pas rendu obligatoire. Avec ce reconfinement, on peut s’attendre à une évolution du protocole national de santé et de sécurité en milieu professionnel car à ce jour, dans ce protocole, le télétravail est une pratique dont le recours est "recommandé quelques jours par semaine". 

Pour les employés dont le poste ne permet pas de télétravailler, le gouvernement a aussi annoncé mardi 27 octobre le maintien du chômage partiel a un niveau plein jusqu'au 31 décembre au moins, c’est-à-dire une prise en charge des salariés à hauteur de 84 % de leur salaire net avec 15% de reste à charge pour l'employeur. Mais l'objectif, c’est là aussi d’éviter d’avoir 12 millions de salariés du privé en chômage partiel, comme au plus fort du premier confinement, car la facture avait été salée pour les finances publiques.

On reste dans le "quoi qu’il en coûte"

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, avait dit il y a quelques jours qu’un reconfinement généralisé coûterait jusqu'à 20 fois plus qu’un "simple" couvre-feu soit 15 à 20 milliards d’euros par mois. Il semble que nous y sommes. Le coût pour les finances publiques va donc être abyssal.

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