Le décryptage éco. Privatisations : que veut faire le gouvernement ?

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C'est avant tout parce qu'il a besoin d'argent que le gouvernement ouvre la voie aux privatisations. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Le gouvernement ouvre la voie aux privatisations parce qu'il a besoin d’argent ! Les privatisations étaient dans les tuyaux et le programme d’Emmanuel Macron le précisait, ce n’est donc pas une surprise. Avec l’argent récupéré, le gouvernement veut notamment financer l’innovation et lancer un fonds de 10 milliards d’euros pour soutenir le développement de nos start-up.

Le groupe Paris Aéroport pourrait ainsi être privatisé. La participation de l’Etat dans l'ancien groupe ADP est estimée à neuf milliards d’euros, c’est donc une belle somme que l’Etat pourrait récupérer. Autres entreprises où il pourrait céder des actifs : Engie, ou encore la Française des Jeux.

Devant le Sénat, jeudi 8 mars, Bruno Le Maire a dit qu’il allait bientôt entamer des démarches législatives pour le faire. Car, aujourd’hui, c’est réglementé, la loi impose des seuils sous lesquels l'Etat ne peut descendre dans certaines entreprises à capitaux publics, c’est justement le cas pour Paris Aéroport (ex-ADP), Engie, la Française des jeux (FDJ)  ou encore EDF.

Des entreprises "stratégiques"

EDF est une entreprise où l’Etat est encore ultra majoritaire, et le gouvernement a exclu la cession de participation. Motif : cette entreprise est "stratégique" : EDF c’est le nucléaire, c’est une entreprise qui fait partie du patrimoine français, et c’est politiquement très sensible.

Le nom de Renault aussi a été évoqué ces derniers jours mais là, l’Etat ne détient plus que 15% du capital. Et là aussi Bercy a vigoureusement démenti : il n’y aura de privatisation, en tout cas, pas pour le moment.

Bruno Le Maire a précisé que : "L'État actionnaire doit être présent là notre souveraineté est en jeu." Evidemment on pense à la défense, au spatial, mais, on peut se demander légitimement si Paris Aéroport, c’est à dire Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly, qui sont des lieux de frontière, ne sont pas essentiels pour la souveraineté de notre territoire.

Des résultats record

Ceux qui sont contre les privatisations trouvent qu'il est dommage de céder ces entreprises. C’est bête de se séparer des bijoux de famille. Ce sont des monopoles qui ramènent de l’argent facilement à l'Etat, c’est une rente assurée sur plusieurs années, des dividendes garantis. La Française des Jeux, par exemple, affiche des résultats record et l’État bénéficie d'un monopole de droits sur les jeux de loterie et les jeux à gratter. Il détient 72% du capital, la société est estimée entre trois et quatre milliards d’euros.

Pour la FDJ, Plusieurs scénarios circulent mais le gouvernement pourrait mettre l’entreprise en Bourse, en tout cas une partie, et garder une forme de contrôle. On devrait savoir assez vite : Edouard Philippe doit détailler les derniers arbitrages de la loi Pacte, Et c’est ce texte, porté par Bruno Le Maire, qui donnera le feu vert à ces privatisations.

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