Le décryptage éco. Primes auto : utiles ou pas ?

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Ces primes sont les bienvenues, car sans elles, la plupart des Français ne pourraient pas s’acheter des voitures électriques ou hybrides beaucoup plus chères que les modèles classiques. Pourtant, les constructeurs ne sont pas tous emballés. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Les primes auto fonctionnent très bien. Il n’y a qu’à voir la prime à la conversion, la prime spéciale Covid, que le gouvernement a mise en place au printemps, pour 200 000 ventes. En quelques semaines, les constructeurs ont déstocké les véhicules qu’ils n’avaient pas pu vendre à cause du confinement.

Pour autant, les groupes automobiles ne sautent pas de joie. Carlos Tavares, par exemple, le patron de PSA, estime dans une interview au Journal du dimanche que ces aides ne sont pas une bonne chose. En soutenant artificiellement les ventes, elles faussent le marché, le mettent sous perfusion. Avec le risque que le jour où l’État coupe les primes, ça retombe. C’est ce qu’on avait connu d’ailleurs en 2010-2012, quand le gouvernement avait mis une prime à la casse après la crise financière. Autre inconvénient, selon le patron de PSA : ces primes coûtent très cher à l’État, donc au contribuable. Et c’est vrai : rien que pour cette prime auto spécial Covid, l’État a déboursé, cet été, 10 millions d'euros par jour.  

Oui aux bonus écologiques

Les constructeurs restent partisans des bonus écologiques, sans lesquels la plupart des Français ne pourraient pas s’acheter de voitures électriques ou hybrides, beaucoup plus chères que les modèles classiques. Aujourd’hui, on peut toucher de l’État jusqu’à 7 000 euros pour l’achat d’un véhicule zéro émission. Et s’y ajoutent souvent des aides des collectivités. Là aussi, ces dispositifs cartonnent : d’après les derniers chiffres des constructeurs auto, entre janvier et août dernier, plus de 90 000 véhicules propres ont été vendus en France. C’est presque trois fois plus qu’en 2019. Du jamais vu !  

Bruno Le Maire a promis de prolonger ces aides. Les primes à la conversion et les bonus écologiques devraient donc perdurer encore en 2021 même si les conditions vont être revues à la baisse. Ce sera précisé dans la prochaine loi de finances. Reste que tous ces coups de pouce ne sauveront pas complètement le secteur. Il anticipe une chute du marché entre 20 et 30% cette année.

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