Le décryptage éco. Primaire de la droite : quelle place pour l'économie ?

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Jeudi 13 octobre, pour la première fois dans un grand débat télévisé les sept candidats de la primaire de la droite et du centre s'affrontent. Quelle sera la place de l’économie dans cette compétition qui commence ?

Le chômage, première priorité des Français avant le premier débat de la primaire de droite et du centre prévu jeudi 13 octobre, mais aussi le terrorisme, la sécurité, la laïcité ou les effets de la mondialisation figurent bien sûr parmi les premières urgences que les Français expriment dans les enquêtes d’opinion. Mais force est de constater que la quasi-totalité des prétendants à l'Elysée fait un peu comme si le monde n’existait pas. Ils multiplient les programmes, égrainent des chapelets de mesures, mais ils ne disent mot du contexte économique international dans lequel se déroulera le prochain quinquennat. A quelles réalités par exemple, à quel cycle économique, à quelles mutations, à quels risques le nouveau président français sera-t-il confrontés ? Cette absence criante de pédagogie du monde tel qu’il va - ou peut-être même cette méconnaissance des forces à l’œuvre - fait bien sûr peser un doute sur la crédibilité de l’action future de vainqueur de 2017.  Ce n’est pas nouveau, ce n’est pas la première fois, mais, à l’heure de la mondialisation et des interdépendances multiples et complexes, cela pose quand même un sérieux problème. Les meilleurs programmes n’ont de chance de peser sur les réalités et de les transformer que s’ils visent juste, savent anticiper et utilisent les bons leviers au bon moment dans un contexte donné.

Quels sont ces grands défis économiques pour le prochain Président ?

Les défis économiques du prochain chef de l'Etat sont nombreux. Il est difficile de tous les citer. Mais prenons trois exemples, trois défis dont on parle assez peu. D’abord celui du climat, qui ne mobilise pourtant pas encore vraiment les esprits. Les meilleurs experts estiment que l’objectif que se sont fixés les États d’une limitation à deux degrés du réchauffement climatique demandera un effort supplémentaire d’au moins 30% dans les dix ans. C’est donc une transformation radicale de notre appareil productif, des transports, de l’habitat, de l’agriculture et du tertiaire que les politiques publiques devront encourager, stimuler et en partie financer. On n’en parle pas beaucoup.

Deuxième exemple : l’affaiblissement du "potentiel de croissance" des économies développées. Ce qui veut dire qu’en gros, le monde va tourner à petite vitesse pendant les cinq qui viennent. Pourquoi : parce qu’il y a aujourd’hui plusieurs facteurs dans l’économie mondiale qui joue contre la croissance : le premier, c’est la productivité ; en dépit de la révolution technologique à l’œuvre, la productivité n’augmente que très faiblement et ça pénalise la croissance. Et il y a d’autres facteurs qui jouent dans le même sens, comme le vieillissement par exemple de nos sociétés ou les niveaux d’endettement public et privé. Donc peu ou moins de croissance dans le monde.

La question de la dette pèsera-t-elle au cours du prochain quinquennat ?

La question de la dette, et pas seulement en France d’ailleurs, va demeurer  "au premier rang des enjeux de la politique publique". C’est un troisième défi. Non que la dette soit toujours un problème en soi. Mais, aujourd’hui, les mécanismes qui ont toujours permis dans le passé de dégonfler les dettes ne joueront plus : la croissance n’est plus assez vive, l’inflation trop faible et les taux d’intérêt ne pourront pas se maintenir éternellement à un niveau si bas. Voilà nous nous arrêtons là, il y aurait encore bien d’autres défis à évoquer, mais ce qu’il faut retenir c’est aucune de nos urgences - le chômage, le terrorisme ou les effets de la mondialisation – ne pourront être traitées en se mettant comme à l’abri du monde.

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