Le décryptage éco. Présidentielle 2017, l’héritage budgétaire s’annonce explosif

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Quel qu’il soit, le futur président de la République choisi en 2017 devra faire face à des comptes publics dégradés.

Le futur président de la République, élu en 2017, devra faire face à des comptes publics dégradés. Si c’est le candidat de la gauche qui gagne la présidentielle, il ne devra s’en prendre qu’à lui puisque les finances qu’il trouvera seront l’héritage de la gestion par sa propre majorité. Si c’est la droite qui l’emporte, elle sera légitime à demander un audit à la Cour des comptes – ce qui est prévu – et à dénoncer le niveau de dépenses publiques car le robinet continue de couler.

Factures en hausse

Il y a les dépenses de sécurité post-attentats et le financement des opérations militaires extérieures, mais pas uniquement. Entre l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires, le plan emploi, le financement de l’aide médicale pour les sans-papiers, les contrats aidés, la prime d’activité..., la facture s’annonce beaucoup plus lourde que prévu. La loi de finance rectificative 2016 chiffre à sept milliards d’euros le besoin de financement supplémentaire. Ces sept milliards d’euros qualifiés avec pudeur de  "dépenses imprévues". En réalité, pour l'essentiel, il s'agit de dépenses catégorielles de pure campagne électorale qui ont fait flamber la facture ces derniers mois.

Des mesures à financer en 2017

Un rattrapage sur le budget l’année prochaine est inéluctable. D'ailleurs, l’actuel gouvernement ne s’en est pas caché dès l’été dernier en laissant entendre que les comptes 2017 seraient mis à contribution pour financer les mesures nouvelles. Le Haut conseil des finances publiques, mis en place par François Hollande, parle même de sous-budgétisation d’un niveau sans précédent. Tout est dit. L'instance indépendante cite en exemple l’évolution de la masse salariale de l’Etat : + 1,3% cette année et + 4% l’an prochain. C'est cette masse salariale à laquelle François Fillon veut s'attaquer en priorité s'il est élu.

Cadeau empoisonné pour le prochain président 

Bercy dit aujourd’hui que cela n’empêchera pas de respecter les objectifs budgétaires puisqu’avec les taux d’intérêt zéro, l’Etat fait des économies sur le remboursement de sa dette – ce qui est vrai – et Bruxelles ferme désormais plus ou moins les yeux sur les écarts. C’est tout sauf de la rigueur. Le mot n’a jamais eu autant de sens. Le pays est-il pour autant en faillite ? Il faudra reposer la question au même François Fillon qui l’avait déclaré en l’état dès 2007. 

Quelle que soit sa couleur politique, le prochain président de la République devra donc gérer cette situation dans un contexte de croissance encore très molle et de très probable remontée des taux d’intérêt alourdissant encore plus les déficits… obérant déjà le budget 2018 et ainsi de suite. Face à une épreuve du feu budgétaire qui s’annonce très violente, la prime ira au président qui saura réellement réduire la dépense publique, bien au-delà que les simples engagements de campagne des uns et des autres.

 


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