Le décryptage éco. Pourquoi le gouvernement pourrait bien s'attaquer à la réforme du smic

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Le groupe d'experts sur le salaire minimum de croissance préconise de revoir le mode de calcul de la revalorisation du smic. Le gouvernement pourrait le suivre : le décryptage de Fanny Guinochet.

L’Opinion et franceinfo révélaient, la semaine dernière qu’un groupe d’experts propose d’en finir avec la hausse automatique du smic. Le gouvernement pourrait suivre leur recommandation. La semaine dernière, ce rapport avait déclenché un tollé. On avait même eu l’impression que le gouvernement refermait le dossier puisqu’il avait dit qu’il n’était pas question de geler le smic, comme on avait pu le comprendre. Et qu’il restait la pierre angulaire de notre modèle social.

Sauf que, ces derniers jours, on voit bien que la musique change. Le gouvernement dit aussi que ce rapport mérite d’être regardé, pris en compte, qu’il ne faut pas l’enterrer comme ça. Mardi 12 décembre, Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, pourrait en dire un peu plus à l’occasion d’une journée sur l’emploi, les Grenelle de l’emploi, qu’elle organise.

Une révision de la formule de calcul

Le gouvernement n’a donc pas renoncé à reformer le smic, il pourrait le modifier en partie. Actuellement, la hausse du smic se fait de façon automatique en fonction de critères, assez complexes, liés à l'inflation, à la hausse des prix, mais aussi en prenant en compte une moyenne de salaire horaire des ouvriers et employés.

Le gouvernement pourrait modifier cette formule de calcul, comme le préconise d’ailleurs le rapport. Cela tasserait le smic, au moins dans un premier temps (il est à 1 150 euros nets) et cela reprendrait la proposition des auteurs du rapport pour qui, aujourd’hui, en France, le smic est trop élevé par rapport aux autres pays, mais aussi par rapport au salaire médian. Du coup, toujours selon ces experts, ce niveau freine les embauches et ne permet pas de lutter efficacement contre la pauvreté.

60% des salariés concernés

Ces arguments auraient convaincu Emmanuel Macron qui est prêt à s’engager vers une réforme partielle du salaire minimum. Sachant qu’aujourd’hui, il y a presque 1,6 million de personnes en France rémunérés au smic. Mais qu’en cascade, c’est 11 millions de personnes, c'est-à-dire 60% des salariés, qui ont leur salaire basé sur le montant du smic. Autant dire que c’est une réforme qui toucherait beaucoup de monde.

Cela reste pour autant très compliqué à défendre politiquement, il n’y a qu’à voir les réactions. La CGT a accusé le gouvernement de "dynamiter" le smic. FO estime que serait une erreur aussi grave que la baisse de cinq euros des APL (aides personnelles au logement) annoncée cet été. Et puis, cette réforme n’était pas dans le programme d’Emmanuel Macron.

Le gouvernement pourrait inscrire la réforme du smic dans la loi sur les entreprises qu’il prépare pour le printemps prochain et qui sera portée par Bruno Le Maire. Autant dire qu’on a pas fini d’en entendre parler.

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