Le décryptage éco. Pourquoi Emmanuel Macron n’est pas un Hollande bis

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Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défence se rallie à Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle. Faisons le point sur les ressemblances entre Emmanuel Macron et François Hollande. 

Emmanuel Macron engrange les soutiens de personnalités socialistes, proches souvent de François Hollande, comme jeudi 23 mars encore, celui de Jean-Yves Le Drian. Ce qui fait dire à la droite, que le candidat d’En Marche ! ressemble de plus en plus à François Hollande.

Il y a un piège évident pour Emmanuel Macron, dans les ralliements successifs et quasi quotidiens de personnalités socialistes, ministres ou conseillers très proches de François Hollande. Le piège, c’est que le candidat d’En Marche ! apparaisse effectivement comme un Hollande bis, ou un Hollande au carré, comme le prolongement ou le premier héritier du président, et donc comme le premier responsable du bilan de ce quinquennat et quand on sait la cote de popularité très faible de l’actuel président et le jugement sévère que les Français ont du mandat de François Hollande, on mesure combien cette proximité supposée, cette identification est dangereuse, sinon mortelle pour Emmanuel Macron. Le candidat d’En Marche ! a manifestement beaucoup appris au côté de son mentor, pendant la campagne de 2012, pendant ses années de conseiller à l’Elysée, puis pendant ses deux années de ministre de l’Economie. Mais je crois pourtant que cette vision en forme d’accusation, Macron n’est que le prolongement de Hollande, ne résiste pas à un examen sérieux des personnalités, des faits et des programmes.

Commençons par la personnalité, s’il y a un point commun entre les deux hommes, c’est d’avoir toujours cru, chacun à leur manière, que la vie leur réserverait un grand destin personnel. Mais pour le reste, tous les sépare : l’âge, la culture, la manière dont ils ont construit leur parcours politique, le goût immodéré pour les idées pour l’un, l’obsession de la synthèse pour l’autre.

Le programme d’Emmanuel Macron :  des éléments de continuité 

Il y a des éléments de continuité mais certainement pas avec le Hollande de la campagne de 2012, ni avec le Hollande des premières années de quinquennat. Si il y a des rapprochement à faire, c’est avec la seconde partie du quinquennat et sur un point : le pacte de responsabilité et la politique de baisse des charges pour les entreprises, ce qu’on a appelé la politique de l’offre de François Hollande pour laquelle le conseiller Macron militait effectivement depuis longtemps auprès du président. On peut ajouter que le candidat d’En Marche ! veut lui aussi réduire les dépenses publiques.

Mais pour le reste, au petit jeu des différences et des ressemblances, ce sont les différences qui l’emportent clairement : Emmanuel Macron assume, lui, clairement une ligne politique, qui ne cherche pas à concilier à la fois la gauche du parti socialiste et l’aile réformiste, non, il ne joue pas de cette ambiguité, ne tente pas la synthèse et surtout il replace ces choix – qu’on aime ou qu’on n’aime pas – dans un grand récit, dans une explication du monde et notamment une explication sur la situation économique dans laquelle se trouve la France dans le monde d’aujourd’hui. Et sur le fond, les différences entre les deux hommes sont multiples et parfois radicales dans au moins trois domaines, la fiscalité, le social, et l’éducation. Il prend même sur ces sujets majeurs le contrepied de François Hollande.

Exemples dans le domaine fiscal et le domaine fiscal

Dans le domaine fiscal par exemple, le choix d’Emmanuel Macron de donner un coup de pouce aux classes moyennes via la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages ou encore la volonté de transformer l’ISF et d’alléger la fiscalité sur le capital pour le réorienter vers l’investissement productif.

Dans le domaine social, la méthode est à l’opposée de celle de François Hollande, l’Etat reprendrait la main sur la gestion des grands risques, et notamment le chômage, afin de recentrer le dialogue social sur l’entreprise et la branche ou les pouvoirs de négociations seront élargis. Enfin dans le domaine de l’éducation, Macron mise sur l’autonomie, la responsabilisation des établissements scolaires, notamment dans l’élaboration de leur projet pédagogique, et c’est une réforme complètement tabou à laquelle s’est toujours opposée la gauche.  

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