Le décryptage éco. Pollution : les solutions des villes pionnières

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Quatrième jour de circulation alternée consécutif, vendredi à Paris. Lyon et Villeurbanne aussi mettent ce système en place pour la première fois de leur histoire. Mais certaines villes ont fait d'autres choix. Le décryptage de Vincent Giret.

Paris et sa proche banlieue vit sa quatrième jour de circulation alternée consécutif, vendredi 9 décembre. Lyon et Villeurbanne aussi mettent ce système en place pour la première fois de leur histoire. L’urbanisation à marche forcée de la planète est l’une des conséquences de la mondialisation et de la poussée démographique que nous connaissons, en Afrique et en Asie notamment.

Et il y a des illustrations spectaculaires de ce phénomène. Pensez qu’en Chine par exemple, il se construit chaque année une nouvelle ville de la taille de New York. La moitié des habitants de la Terre vivent déjà dans ces zones urbaines. Et les projections les plus sérieuses, indiquent que dans moins de 30 ans, le nombre d’urbains aura doublé dans le monde. Cette émergence continue et cette puissance des villes constituent un défi majeur du XXIe siècle, pour notre qualité de vie, pour la lutte contre le réchauffement climatique, pour notre capacité aussi à vivre ensemble dans le grand nombre.

Et la France vit une sorte de paradoxe : nos entreprises nationales ont développé des solutions innovantes qui font leur succès dans de très nombreux pays dans ce qu’on appelle les "smart cities", dans les domaines de l’énergie, de l’habitat, des déchets, de la mobilité. Mais nos villes ne sont pas particulièrement en avance dans la mise en œuvre de ces solutions qui doivent combiner des politiques publiques intelligentes, agiles et souvent expérimentales pour s’assurer de leur acceptabilité par les urbains que nous sommes.

Certaines villes anticipent les mesures en cas de pic de pollution

Dans ces villes pionnières, on n’apprend pas le soir pour le lendemain matin une incitation ou une limitation autoritaire de la circulation. Ces choses sont anticipées, même si il faut le dire, il n’y a pas de miracle immédiat, mais une combinaison de solutions multiples qui, mises bout à bout, finissent par vraiment transformer la ville. 230 agglomérations en Europe ont par exemple instauré depuis près de vingt ans pour certaines, des zones dans lesquelles la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte, voire interdite. Avec du retard, une dizaine de villes en France commencent tout juste à s’y mettre.

On peut ensuite aller un cran plus loin. Stockholm, Londres, Oslo, Milan ou Dublin, pour ne parler que de l’Europe, ont instauré un péage urbain et on voit mal comment Paris pourrait y échapper un jour. D’autant que ça marche, en rendant l’accès au centre ville payant pour les voitures, le péage urbain réduit de 15 à 20% le trafic automobile.

Changer les habitudes des particuliers et des enterprises

Le cas de Singapour, ville pionnière s'il en est, est aussi très intéressant : des rues et des tronçons de route urbains peuvent être payants, à certains moments, à certaines heures de la journée, plus il y a potentiellement de monde, bien évidemment, plus c’est cher. Il y a une petite puce placée dans votre véhicule et le prélèvement est ainsi automatique, sans bornes de péages.

Ce système est fait pour que les habitants changent leurs habitudes, mais aussi pour que les entreprises changent également avec le développement du télétravail à domicile et des horaires de travail moins standardisés.

Il faut intervenir sur tous les leviers en même temps : l’incitation au développement des véhicules électriques, la promotion de tous les systèmes d’autopartage, particuliers ou VTC, le développement et l’amélioration des transports publics, une fiscalité intelligente et qui ne favorise pas comme une France, le carburant le plus nocif pour la santé, et enfin et surtout une expérimentation. On essaie, on évalue, par des experts indépendants et incontestables, telle ou telle mesure plus coercitives pour faire en sorte que les citoyens les acceptent en leur donnant vraiment le temps et les moyens de s’adapter. Ce n’est certainement pas facile, mais de plus en plus de villes y parviennent et engrangent de premiers résultats.

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